Gabon : les défis d’Alain Gaugris, nouveau représentant résident du FMI

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Le Fonds monétaire international (FMI) a récemment désigné Alain Gaugris comme son nouveau représentant résident au Gabon, succédant à l’ivoirien Gomez Agou dont le mandat de quatre ans vient de s’achever. Cette nomination intervient à un moment crucial, alors que les discussions avec les autorités gabonaises prennent une tournure particulièrement sensible.
La nomination d’Alain Gaugris comme représentant du Fonds Monétaire International (FMI) au Gabon survient à un moment crucial pour l’économie gabonaise. Alors que le pays est confronté à une dette publique élevée et à une dépendance persistante aux revenus pétroliers, le défi consiste à conjuguer assainissement budgétaire et soutien à la croissance, tout en préparant des réformes structurelles durables.
Les défis qui attendent le FMI et les autorités gabonaises sont multiples et interdépendants. Il s’agit notamment de maîtriser les déficits publics, résorber les arriérés de paiement, renforcer la transparence dans la gestion des finances publiques et diversifier l’économie au-delà des hydrocarbures. Ces priorités sont essentielles pour restaurer la confiance des investisseurs, attirer de nouveaux capitaux et consolider la stabilité financière à moyen et long terme. Conscient de ces enjeux, Libreville a exprimé son souhait de bénéficier d’un programme d’accompagnement « sur mesure », adapté à ses réalités économiques, sociales et institutionnelles.
Un parcours exceptionnel pour un dialogue complexe. Avant son affectation au Gabon, Alain Gaugris a occupé pendant près de sept ans le poste d’économiste principal et chef de programme pour le Fonds « Data for Decisions » (D4D) au siège du FMI à Washington. Ce Fonds a pour objectif de fournir aux décideurs des données fiables afin d’éclairer les politiques macroéconomiques et soutenir les Objectifs de développement durable.
Formé à l’ENSAE Paris et titulaire d’un master en économétrie de l’Université d’Évry Paris-Saclay, Alain Gaugris a également évolué dans la diplomatie économique en tant que chef du service économique de l’ambassade de France à Londres, puis comme attaché commercial à Rio de Janeiro.
A en croire gabonmediatime, bien que le dialogue n’ait pas été interrompu, les autorités gabonaises ont demandé un délai pour clore une évaluation complète de leur situation économique et financière, témoignant ainsi de la prudence qui accompagne ces négociations complexes.
Un des principaux points de friction entre le Gabon et le FMI demeure le calcul de la dette publique. Selon l’évaluation du FMI, celle-ci s’élève à plus de 70 % du PIB, tandis que le gouvernement gabonais la chiffre à environ 58 %. Cette divergence significative met en lumière un désaccord non seulement sur les données chiffrées mais également sur la vision économique à long terme.
Le ministre de l’Économie et des Finances, Henri-Claude Oyima, a clairement articulé la position du Gabon : réduire la dette n’est pas une priorité absolue. Pour le ministre, les enjeux de croissance et de souveraineté doivent primer. Il a d’ailleurs affirmé que l’objectif central est de réaliser les promesses présidentielles concernant la souveraineté énergétique, budgétaire, économique et alimentaire.

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