
En visite d’ État à Libreville le président français Emmanuel Macron veut faire du Gabon l’un des rares points d’appui en Afrique où diplomatie et intérêts économiques restent alignés. Cette visite, après celle du président Oligui à Paris en mai, s’inscrit dans une « dynamique politique profondément renouvelée », avec « un dialogue désormais fondé sur des échanges d’égal à égal », renchérit la présidence gabonaise.
Dès sa descente d’avion, hier à Libreville, le ton a été donné : un cérémonial d’État soigneusement orchestré pour une visite d’envergure. Poignées de main appuyées, échanges souriants et marche officielle sur le tapis rouge ont précédé ce cérémonial particulièrement imposant. La Marseillaise et La Concorde ont successivement retenti sur le tarmac, ouvrant la voie à un dispositif militaire digne des grandes occasions : honneurs militaires, salves de coups de canon, parade des forces armées gabonaises.
A en croire le journal l’Union, solennité qui souligne l’importance politique de cette première visite d’État du président Macron au Gabon, depuis l’élection du président Oligui Nguema le 12 avril dernier. À travers cette démonstration de prestige institutionnel, le Gabon a voulu signaler la solidité de son partenariat avec la France. Les deux présidents se sont ensuite dirigés vers le salon d’honneur où ils ont salué les membres du gouvernement et ceux de la délégation française. Quelques minutes d’entretien informel ont permis aux deux hommes d’État d’échanger leurs premières impressions dans un climat serein, avant de s’avancer vers une foule dense venue assister à l’événement.
Au-delà du cérémonial militaire, c’était pour ainsi dire, également une mobilisation populaire notable qui a marqué cette arrivée. Associations, groupes socioculturels, jeunes et autres curieux ont fait le déplacement. Les Gabonais se sont mobilisés pour marquer ce moment politique fort, témoignant leur soutien au président Oligui Nguema et souhaitant la bienvenue au président Macron.
Pour la Tribune, Paris entend « saluer le parachèvement de la transition » et « soutenir » les nouvelles autorités, indique l’Élysée. Libreville évoque une « dynamique profondément renouvelée », avec un dialogue « d’égal à égal ». Contrairement au Sahel, où les coups d’État ont entraîné une rupture avec Paris, le Gabon a choisi de maintenir ses liens avec la France.
« Le nouveau président est bien plus francophile que son prédécesseur Ali Bongo », souligne François Gaulme, expert à l’Ifri. Un signal notable pour un pays où les entreprises françaises restent très implantées : hydrocarbures, mines, bois, infrastructures. Avec un PIB par habitant de 8 820 dollars en 2022, le Gabon figure parmi les économies les plus riches d’Afrique subsaharienne, même si un tiers de la population vit encore sous le seuil de pauvreté.
- Objectif de la visite : Le principal objectif est économique, visant à mobiliser des fonds pour le Gabon, qui souffre de contraintes budgétaires importantes.
- Coopération avec la France : La visite a été marquée par un forum économique et des accords de coopération avec la France, le premier partenaire historique du Gabon.
- Projets : Des accords ont été signés pour des projets d’infrastructure, tels que la réhabilitation du train trans-gabonais et la décharge de Minoubé, et la relance de l’économie gabonaise.