
Le gouvernement gabonais réuni en Conseil des ministres a décidé de créer une taxe forfaitaire d’habitation. Elle sera applicable à l’ensemble de logements professionnels comme résidentiels. Cette taxe rentrera en vigueur dès 2026 et doit rapporter à l’État 2,8 milliards de francs CFA, environ 4,27 millions d’euros. Appelés à payer cette taxe, les populations boudent et sont même inquiètes.
Le ministre d’État en charge de l’Économie, Henri-Claude Oyima, a été auditionné ce 14 décembre par les membres de la Commission des Finances, du Budget et de la Comptabilité publique. Au coeur de cette audition : la réforme de la Taxe forfaitaire d’habitation (TFH).
A en croire l’Union, cette taxe, adoptée en Conseil des ministres le 4 décembre dernier, fait l’objet de nombreuses critiques de la part des contribuables. Selon le membre du gouvernement, cette réforme vise à moderniser, simplifier et rendre plus équitable le système de taxation locale. De fait, a-t-il indiqué, le gouvernement entend améliorer le rendement de la TFH tout en garantissant une meilleure justice fiscale pour les citoyens. Les recettes additionnelles, estimées à 17 milliards 957 millions 789 070 F CFA, seront affectées au Fonds d’initiative départementale (FID), destiné aux projets d’investissements locaux (voiries, habitat, service de proximité, etc.).
En ce sens, a-t-il soutenu, « il est désormais instauré une taxation simplifiée, objective et territorialement harmonisée, fondée sur une classification du territoire en zones géographiques et un forfait unique fixé pour chaque zone. Avec cette réforme fondée sur un forfait géographique par zone, la TFH devient plus simple, plus juste, plus lisible et mieux adaptée aux besoins de développement territorial. » Par ailleurs, a-t-il relevé, la révision à la baisse du taux de la contribution pour l’amélioration du cadre de vie de 9 % à 7 % , en vue de réduire la pression fiscale sur les populations, engendre une perte de recette de 1, 8 milliards de nos francs. De même, la TFH devrait générer des recettes de 22, 6 milliards, contre 2,8 milliards de FCFA initialement arrêtées, soit une augmentation de 19, 8 milliards.
« L’effort est réparti selon les moyens de chacun »
Eric Bouma, Directeur général des impôts, explique : « L’effort est réparti selon les moyens de chacun. Les zones huppées paieront bien plus que les quartiers populaires. On va mobiliser davantage les plus aisés, afin de financer les services utiles. L’argent collecté va servir à l’amélioration de l’environnement des Gabonais. »
Sur les réseaux sociaux, de nombreux Gabonais estiment que l’État n’a pas besoin de cette nouvelle taxe si les recettes pétrolières, minières et autres n’étaient pas « massivement détournées ».
Reste plus aux députés qu’à se prononcer. Lesquels ont été saisis par correspondance du chef de l’État, Brice Clotaire Oligui Nguema, sur le fondement de l’article 52 de la Constitution aux fins de délibération portant sur les articles 381, 382 et 383 de la loi 034/2 025 déterminant les ressources et charges de l’État pour l’année 2026.