Gabon : pourquoi l’exploitation du gisement de fer de Belinga est fin prêt

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Plusieurs fois annoncé et souvent reporté, le projet Belinga entre enfin dans une phase de concrétisation. Le Gabon vient de franchir une étape majeure dans la valorisation de son potentiel minier avec l’officialisation d’un accord stratégique avec le groupe australien Fortescue autour du gisement de fer de Belinga.

Le gouvernement gabonais a pris un tournant décisif dans la gestion du gisement de fer de Belinga en dissolvant le Haut-Commissariat chargé de son suivi et en créant une Task-force directement rattachée à la présidence. Cette réforme vise à rationaliser l’action publique, réduire les lourdeurs administratives et accélérer la réalisation des infrastructures minières, ferroviaires, portuaires et énergétiques indispensables à l’exploitation du site.

Les autorités gabonaises et Fortescue ont officiellement aligné leurs calendriers afin de lancer l’exploitation industrielle du gisement dans les prochaines années, mettant fin à des décennies d’attente autour de l’un des plus grands gisements de fer d’Afrique centrale.

Dans un communiqué conjoint, les ministères gabonais des Mines et de l’Énergie ont confirmé que Fortescue, à travers sa filiale Fortescue Metals Group, ne se limitera pas à l’extraction minière. Le groupe s’engage à développer l’ensemble des infrastructures connexes : chemin de fer minéralier, port en eau profonde et solutions énergétiques, dans une logique d’intégration industrielle complète.

A en croire gabonmediatime, le gisement de Belinga est estimé à près d’un milliard de tonnes de minerai de fer à haute teneur. Un volume qui, selon Direct Infos Gabon, « pourrait repositionner le Gabon comme un acteur majeur du marché mondial du fer et, à terme, comme le premier exportateur d’Afrique subsaharienne ».

Cette perspective s’inscrit pleinement dans la stratégie de diversification économique portée par les autorités gabonaises, dans un contexte de déclin progressif des recettes pétrolières. Le fer apparaît désormais comme l’un des piliers de la nouvelle matrice minière nationale, aux côtés du manganèse et de l’or.

Transition énergétique

Autre dimension stratégique du partenariat : l’énergie. Fortescue, reconnu comme l’un des pionniers mondiaux de l’hydrogène vert, ambitionne d’alimenter l’ensemble du complexe minier de Belinga à partir d’énergies propres. Une orientation saluée par Direct Infos Gabon, qui souligne que «l’intégration de l’hydrogène vert dans un projet minier de cette ampleur constitue une rupture dans les standards extractifs en Afrique centrale ».

Cette approche est en cohérence avec la volonté affichée du Gabon de concilier exploitation des ressources naturelles et décarbonation de son économie. Elle permet également de répondre aux exigences croissantes des marchés internationaux en matière de traçabilité et d’empreinte carbone des matières premières.

Selon le site d’information legabonais, le marché mondial du fer connaît actuellement un excédent d’offre, et l’arrivée d’une nouvelle production pourrait exercer une pression à la baisse sur les prix. Dans ce contexte, la viabilité économique de Belinga pourrait sembler incertaine pour beaucoup. Pourtant, le Gabon ne renonce pas : le projet est considéré comme un levier stratégique pour la souveraineté industrielle du pays, la création d’emplois et le développement local, indépendamment des fluctuations internationales.

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