
Lors des célébrations du Nouvel An chinois, l’ambassadeur de Chine au Gabon, Zhou Ping, a confirmé que Pékin s’apprête à supprimer tous les droits de douane sur les produits en provenance d’Afrique, y compris ceux « Made in Gabon ».
La Chine supprime les droits de douane sur les produits gabonais (et africains) pour renforcer son influence économique et géopolitique, offrir un accès privilégié à son immense marché, corriger les déséquilibres commerciaux, et contrer les politiques protectionnistes occidentales, notamment américaines, tout en construisant une communauté de destin Chine-Afrique axée sur la coopération Sud-Sud et l’ouverture de nouvelles chaînes d’approvisionnement.
Raisons économiques et stratégiques
Stimuler les exportations africaines : Faciliter l’accès au marché chinois, le plus grand au monde, pour que les producteurs africains (dont le Gabon) touchent des revenus plus importants.
Corriger les déséquilibres : Rééquilibrer la balance commerciale sino-africaine, historiquement en faveur de la Chine, en augmentant les importations de produits africains (matières premières, produits agricoles).
Réponse aux tensions commerciales : Contrer les mesures protectionnistes d’autres pays (comme les taxes américaines) en offrant une alternative attractive.
Favoriser les économies industrialisées : Permettre à des pays comme le Gabon d’exporter plus facilement des produits transformés, au-delà des matières premières.
Raisons géopolitiques et diplomatiques
Renforcer l’influence : Consolider les liens économiques et politiques avec l’Afrique, renforçant la position chinoise face aux puissances occidentales.
Construire la « Communauté de Destin Chine-Afrique » : S’inscrire dans une vision de solidarité Sud-Sud et de coopération stratégique.
Intégrer davantage l’Afrique : Encourager les pays africains à s’inscrire dans les chaînes de valeur chinoises et mondiales, en offrant un soutien technique et logistique pour surmonter les obstacles.
Contexte de l’annonce
Cette mesure, annoncée lors d’une réunion du Forum sur la Coopération Sino-Africaine (FOCAC) en juin 2025, s’applique à la quasi-totalité des pays africains ayant des relations diplomatiques avec la Chine, à l’exception notable de l’eSwatini (qui reconnaît Taïwan).
En effet, cette mesure vise à ouvrir son vaste marché — plus de 1,4 milliard de consommateurs — aux entreprises locales, en particulier aux jeunes entrepreneurs gabonais.
Au-delà de l’exportation facilitée, cette décision permettra aussi d’importer à moindre coût du matériel technique et industriel depuis la Chine, stimulant ainsi la compétitivité et la croissance des PME locales.
Pour un pays engagé dans la diversification économique et l’industrialisation, cette perspective représente un levier stratégique majeur.
Si sa mise en œuvre effective est confirmée dans les semaines à venir, le Gabon pourrait accélérer sa transformation structurelle, porté par une nouvelle génération d’entrepreneurs tournés vers les marchés internationaux.