Gabon : comment les Bongo jettent leurs dernières forces dans la bataille judiciaire

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Après s’être jouée devant la justice française, la bataille judiciaire opposant l’ancien président et sa famille à l’exécutif gabonais se déporte désormais devant l’ONU et la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples. Mais, il y a très de chance de voir leur plainte prospérer.

Les Bongo ne s’avouent pas vaincu. La condamnation en novembre par contumace de Sylvia et Noureddin Bongo par la cour criminelle spéciale de Libreville à 20 ans de réclusion criminelle et à une amnde de 100 millions de F (152 000 euros) n’a pas signé la fin de cette saga judiciaire haute en rebondissements. Plutôt que de signer la fin des hostilités, ce verdict a acté un changement de terrain. L’exécutif gabonais, victorieux en interne, se retrouve désormais sur la défensive face à une procédure délocalisée qui le met face à ses responsabilités sur la scène mondiale.

Le nouveau front international

A en croire Jeune Afrique, le bras de fer se déporte désormais devant l’ONU et, surtout, la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples. La famille de l’ancien président allègue vraisemblablement des violations des procédures judiciaires et des droits fondamentaux. Cette manœuvre vise à délégitimer le processus gabonais au profit d’une arène où le rapport de force politique est différent. C’est une bataille pour la narration de l’événement, entre crime financier et persécution politique.

Cette escalade judiciaire dépasse largement le cas individuel. Elle pose une question fondamentale sur l’équilibre des pouvoirs en Afrique post-transition. La Cour africaine des droits de l’homme peut-elle devenir un recours systématique pour les anciens régimes contestant leur mise en accusation nationale ? La réponse engagera la crédibilité de cette institution et enverra un signal à toutes les élites du continent.

La communauté internationale doit-elle lire cette affaire comme la poursuite légitime d’un procès équitable, ou comme l’ultile manoeuvre d’un système en sursis pour échapper à sa propre justice ?

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