Gabon :  l’État donne un ultimatum de trois mois à ses locataires indélicats

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Certains occupants du patrimoine immobilier de l’Etat gabonais ont des soucis à se faire. Le gouvernement gabonais a lancé un ultimatum de  trois mois à certains de ses locataires, principalement dans les cités administratives et logements publics de Libreville, pour les raisons impératives suivantes : 

1. État de dégradation avancée et insalubrité

L’objectif principal affiché par le gouvernement est la réhabilitation et la modernisation des infrastructures. De nombreux bâtiments publics sont actuellement dans un état de ruine ou de dégradation très avancée, ce qui pose des problèmes de sécurité et d’hygiène pour les occupants. 

2. Modernisation du parc immobilier public

Le gouvernement souhaite transformer ces logements pour les rendre plus « salubres », en s’inspirant de modèles de rénovation réussis, comme celui du camp de police Hakimi Djouguni. Cette initiative s’inscrit dans une volonté globale de relancer la politique de l’habitat au Gabon. 

3. Libération des lieux avant travaux

Le délai de trois mois est accordé pour permettre aux locataires de prendre leurs dispositions avant le début effectif des opérations de déguerpissement. Passé ce délai, des évictions forcées pourraient être mises en œuvre pour libérer les sites destinés aux chantiers de rénovation.

La cité des enseignants

Parmi les zones ciblées figurent la cité des enseignants située en face de l’Université Omar Bongo, l’immeuble Gabon 2000, les « 90 logements » ainsi qu’un bâtiment implanté face à la CNAMGS au quartier Montagne Sainte, dans le 3ᵉ arrondissement de Libreville. Ces structures, construites pour certaines il y a plusieurs décennies, présentent aujourd’hui des signes évidents de vétusté : fissures, installations électriques défaillantes, réseaux d’assainissement obsolètes et risques sécuritaires. Le gouvernement affirme vouloir reproduire le modèle appliqué au camp de police d’Akeridjogomi, récemment rénové.

Éviter une crise sociale

A en croire gabonmediatime, au-delà de la modernisation, l’exécutif pointe une dérive : la cession informelle de logements publics au sein d’une même famille, parfois sur plusieurs générations. Or ces biens relèvent du patrimoine de l’État et sont destinés à répondre à des besoins administratifs précis. La transmission de facto d’un logement public à un parent, un conjoint ou un enfant, sans base légale, est considérée comme une occupation irrégulière. Cette pratique, longtemps tolérée, est désormais dénoncée comme un facteur d’iniquité et de désorganisation du parc immobilier public.

La décision de fixer un délai de trois mois place les occupants face à une échéance claire. Mais elle soulève également des interrogations. Des solutions de relogement seront-elles proposées ? Un accompagnement social est-il prévu pour les cas les plus vulnérables ? La question est particulièrement sensible pour les enseignants résidant à proximité de l’Université Omar Bongo, pour qui ces logements représentent souvent une proximité stratégique avec leur lieu de travail.

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