Énergie : le Gabon accélère sa transition avec un ambitieux programme axé sur le gaz et l’hydroélectricité

Le Gabon entend faire de l’énergie un moteur de son développement économique et social. À travers son Pacte national de l’énergie, élaboré dans le cadre de l’initiative Mission 300, le pays ambitionne d’augmenter fortement sa capacité de production électrique, d’élargir l’accès à l’électricité et de moderniser son réseau en misant sur ses importantes ressources en gaz naturel et en hydroélectricité.

Le Gabon affiche de nouvelles ambitions pour son secteur énergétique. Les autorités ont défini une feuille de route visant à renforcer durablement le système électrique national, avec pour objectif de garantir un approvisionnement plus fiable, plus accessible et davantage fondé sur les ressources énergétiques locales.

Inscrit dans le cadre de l’initiative internationale Mission 300, le Pacte national de l’énergie prévoit une augmentation significative des capacités de production électrique du pays. Le gouvernement ambitionne de porter la puissance installée à environ 1 100 mégawatts à l’horizon 2030, contre un peu moins de 900 mégawatts actuellement. Cette progression doit permettre d’accompagner la croissance démographique, le développement industriel et l’amélioration des conditions de vie des populations.

La stratégie énergétique repose principalement sur un mix combinant l’hydroélectricité, le gaz naturel et, dans une moindre mesure, l’énergie solaire. Les autorités souhaitent ainsi réduire progressivement le recours aux centrales fonctionnant au diesel et au fioul lourd, plus coûteuses et plus polluantes, au profit de sources d’énergie jugées plus durables et mieux adaptées au potentiel naturel du pays.

L’un des principaux objectifs de cette politique est d’élargir l’accès à l’électricité sur l’ensemble du territoire. Le gouvernement prévoit de raccorder près de 87 500 nouveaux ménages d’ici 2030, ce qui permettrait à plus de 347 000 personnes supplémentaires de bénéficier d’un accès régulier à l’électricité. À terme, le taux d’électrification national devrait dépasser les 95 %, renforçant ainsi l’inclusion énergétique, notamment dans les zones encore insuffisamment desservies.

Le financement de cette transformation constitue un enjeu majeur. Les investissements nécessaires sont actuellement estimés à près de 4,2 milliards de dollars sur la période 2026-2030. Les autorités comptent mobiliser des partenaires techniques et financiers ainsi que des investisseurs privés pour soutenir la réalisation des différents projets. Cette estimation pourrait toutefois être ajustée une fois achevé le futur Plan directeur consacré à la production, au transport et à la distribution de l’électricité.

Le Gabon dispose d’importants atouts pour réussir cette transition. Son potentiel hydroélectrique est évalué entre 5 000 et 6 000 mégawatts, un niveau largement supérieur aux capacités actuellement exploitées. En parallèle, le pays bénéficie de ressources significatives en gaz naturel, appelées à jouer un rôle central dans la sécurisation de l’approvisionnement énergétique et l’équilibre du futur mix électrique.

En 2024, la production d’électricité reposait essentiellement sur le gaz naturel et l’hydroélectricité, qui représentaient à eux deux l’essentiel de la capacité installée. Le solaire photovoltaïque, bien qu’encore marginal, est appelé à se développer progressivement afin de diversifier davantage les sources de production et d’améliorer la résilience du système énergétique.

Au-delà de l’augmentation des capacités de production, les autorités devront également relever plusieurs défis structurels. La modernisation des réseaux de transport et de distribution, la réduction des pertes techniques, l’amélioration de la qualité du service ainsi que le renforcement de la viabilité financière des opérateurs figurent parmi les priorités identifiées pour assurer le succès de cette transformation.

En faisant de l’énergie un levier stratégique de compétitivité et d’aménagement du territoire, le Gabon entend créer les conditions d’une croissance économique plus soutenue, tout en répondant aux besoins croissants des ménages et des entreprises. Cette nouvelle orientation traduit la volonté du pays de bâtir un système électrique plus performant, plus résilient et capable d’accompagner durablement son développement.

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