
Confronté au coût élevé de la production d’électricité assurée par les centrales flottantes de l’entreprise turque Karpowership, le Gabon engage des discussions pour revoir les termes de leur partenariat. Le gouvernement souhaite mettre fin au contrat dès 2027, soit deux ans avant son échéance initiale, dans le cadre d’une stratégie visant à renforcer son autonomie énergétique et à réduire les dépenses publiques.
Deux ans après avoir sollicité les services de Karpowership pour faire face à une crise énergétique marquée par des délestages récurrents, le Gabon envisage un changement de cap. Les autorités gabonaises ont ouvert des négociations avec l’opérateur turc afin de réviser les conditions du contrat qui les lie depuis 2024.
L’objectif poursuivi par Libreville est de parvenir à un accord permettant une résiliation anticipée du partenariat en 2027, au lieu de 2029 comme prévu dans les engagements initiaux. Cette démarche traduit la volonté du gouvernement de mieux maîtriser les coûts de production de l’électricité tout en accélérant la mise en œuvre de solutions nationales plus durables.
L’arrivée des centrales électriques flottantes de Karpowership avait répondu à une situation d’urgence. Face à une demande d’électricité en forte croissance et à l’insuffisance des capacités de production locales, cette solution avait permis de limiter les coupures de courant qui affectaient aussi bien les ménages que les entreprises.
Cependant, si cette réponse a contribué à stabiliser temporairement l’approvisionnement en énergie, elle représente un coût important pour les finances publiques. Le recours à une production électrique externalisée est aujourd’hui considéré comme difficilement soutenable sur le long terme, d’où la volonté des autorités de renégocier les conditions du partenariat.
Un enjeu majeur pour l’économie gabonaise
La renégociation engagée s’inscrit dans une stratégie plus large visant à renforcer l’indépendance énergétique du Gabon. Les pouvoirs publics entendent développer davantage les capacités nationales de production, notamment à travers les projets hydroélectriques, la modernisation des infrastructures existantes et l’exploitation d’autres sources d’énergie adaptées au potentiel du pays.
Cette orientation répond à une double exigence : garantir un approvisionnement électrique plus fiable pour accompagner la diversification de l’économie, tout en réduisant la dépendance vis-à-vis des prestataires étrangers pour des services essentiels.
L’accès à une énergie stable et à un coût maîtrisé constitue un levier indispensable pour l’industrialisation et l’attractivité économique du Gabon. La réduction des dépenses liées à la production d’électricité pourrait permettre de dégager des marges budgétaires en faveur d’autres investissements structurants, tout en améliorant la compétitivité des entreprises.
Les discussions en cours avec Karpowership seront donc suivies avec attention. Si elles aboutissent, elles marqueraient une nouvelle étape dans la politique énergétique du Gabon, illustrant la volonté des autorités de privilégier des solutions pérennes, fondées sur le développement des capacités nationales et une meilleure maîtrise des coûts de l’énergie.