Gabon : le gouvernement porte à 40 ans l’âge d’accès à la Fonction publique et réforme la gestion des carrières

Le Gabon poursuit la modernisation de son administration. Réuni autour du vice-président du Gouvernement, Hermann Immongault, l’exécutif a validé les grandes orientations du futur Statut général de la Fonction publique. Parmi les principales innovations figurent le relèvement de l’âge limite de recrutement de 35 à 40 ans et l’instauration d’un nouveau système d’évaluation fondé sur le mérite, mettant ainsi fin à l’avancement automatique lié à l’ancienneté.

Le gouvernement gabonais engage une nouvelle étape dans la réforme de la Fonction publique. Lors d’une séance de travail tenue le 31 juillet 2026 au ministère de la Fonction publique et du Renforcement des capacités, le vice-président du Gouvernement, Hermann Immongault, a passé en revue les principales dispositions du futur Statut général de la Fonction publique aux côtés de la ministre Laurence Ndong.

Au cœur de cette réforme figure une mesure très attendue : le relèvement de l’âge maximal d’accès à la Fonction publique, qui passe désormais de 35 à 40 ans. Cette décision vise à élargir le vivier de recrutement de l’administration et à offrir davantage d’opportunités aux candidats disposant d’une expérience professionnelle ou ayant achevé leur formation plus tardivement.

Cette évolution s’inscrit dans une stratégie plus large de modernisation de l’administration publique, dont l’objectif est de renforcer la qualité des recrutements et d’adapter les ressources humaines de l’État aux nouveaux défis de développement.

Selon la ministre de la Fonction publique et du Renforcement des capacités, cette réforme est le fruit d’un vaste travail de concertation ayant mobilisé 29 administrations et 110 experts, qui ont examiné les différents projets de texte.

« Nous avons rehaussé l’âge d’accès à la fonction publique, cet âge passe de 35 à 40 ans. Et le système d’évaluation tel que pensé est à ce stade adopté par l’ensemble des administrations qui ont travaillé sur le texte. (…) Tous sont tombés d’accord sur le fait que l’avancement, le déroulement de la carrière doit être récompensé par l’effort », a déclaré Laurence Ndong.

Le mérite au cœur de l’évolution professionnelle

Au-delà du recrutement, la réforme introduit une profonde transformation de la gestion des carrières dans l’administration gabonaise. Le principe de l’avancement automatique fondé sur l’ancienneté devrait céder la place à un système privilégiant la performance, les compétences et l’engagement des agents publics.

Pour le gouvernement, cette évolution répond aux standards observés dans de nombreuses administrations à travers le monde. « Une étude comparée des statuts de la fonction publique sur 20 pays et 4 continents montre que l’avancement automatique n’existe nulle part, parce qu’il est inéquitable », a souligné la ministre.

Le nouveau dispositif prévoit une évaluation plus complète des agents publics. Chaque fonctionnaire sera appelé à s’autoévaluer, tandis que ses supérieurs hiérarchiques apprécieront ses performances. Les usagers des services publics seront également associés au processus afin de mesurer la qualité des prestations offertes à la population.

La réforme instaure en outre un mécanisme inédit d’évaluation ascendante, permettant aux agents de porter une appréciation sur leurs responsables administratifs, dans une logique d’amélioration continue de la gouvernance publique.

« L’agent public va s’auto-évaluer, les usagers du service public vont évaluer le service rendu. Les agents publics vont également évaluer leur chef de service (…) car tout le monde doit s’améliorer », a expliqué Laurence Ndong.

Une administration adaptée aux ambitions de la Ve République

Pour le vice-président du Gouvernement, cette réforme constitue un levier essentiel de la transformation de l’État. Elle s’inscrit dans la volonté des autorités d’adapter les règles de fonctionnement de l’administration aux ambitions de la Ve République engagée sous l’impulsion du président Brice Clotaire Oligui Nguema.

« C’est une réforme attendue. On ne peut pas amorcer la Cinquième République avec les instruments de la Quatrième République et des pratiques qui ne correspondent plus aux objectifs du Chef de l’État », a affirmé Hermann Immongault.

À travers ces nouvelles dispositions, le gouvernement entend bâtir une Fonction publique plus performante, plus exigeante et davantage tournée vers les résultats. En combinant l’élargissement des conditions d’accès aux emplois publics avec une gestion des carrières fondée sur le mérite, les autorités ambitionnent de renforcer l’efficacité de l’administration tout en améliorant la qualité du service rendu aux citoyens.

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