FlyGabon conteste les nouvelles taxes aériennes et suspend la perception de la redevance R4

La compagnie nationale FlyGabon hausse le ton face aux nouvelles mesures fiscales introduites par la Loi de finances rectificative (LFR) 2026. Estimant que certaines redevances risquent de pénaliser le transport aérien et de compromettre l’ambition de faire de Libreville un hub régional, le transporteur a annoncé qu’il ne percevra pas, pour l’instant, la redevance passager R4, dans l’attente de précisions des autorités sur ses modalités d’application.

Le bras de fer entre FlyGabon et les pouvoirs publics pourrait s’intensifier. Dans un communiqué, la compagnie nationale a annoncé sa décision de suspendre la collecte de la redevance passager R4 auprès de ses voyageurs, estimant que les conditions de mise en œuvre de cette mesure restent insuffisamment clarifiées.

Cette prise de position intervient alors que la Loi de finances rectificative 2026 prévoit une série de nouveaux prélèvements dans le secteur aérien. Parmi les principales mesures figurent l’extension de la redevance R4 à l’ensemble des aéroports du pays, le rétablissement de la TVA de 18 % sur les vols domestiques, l’augmentation des redevances de sûreté aéroportuaire ainsi que l’instauration d’une nouvelle taxe dénommée « Sécuriport ».

Pour FlyGabon, cet alourdissement de la fiscalité risque de réduire l’attractivité du transport aérien national, d’augmenter le coût des billets et de freiner les ambitions affichées par les autorités de faire de Libreville une plateforme aérienne de référence en Afrique centrale.

La compagnie estime qu’il existe une incohérence entre cette stratégie de développement et les nouvelles charges imposées aux opérateurs du secteur.

Selon les simulations réalisées par le transporteur, la répartition des recettes générées par ces nouvelles taxes soulève également des interrogations. FlyGabon affirme qu’environ 77 % des montants collectés bénéficieraient à des entreprises étrangères, contre seulement 22 % destinés à des organismes publics gabonais.

Pour la compagnie, cette situation pose la question de la destination réelle des ressources prélevées sur les passagers et les opérateurs nationaux.

Dans son communiqué, elle s’interroge sur la pertinence d’un mécanisme dans lequel l’essentiel de l’effort financier demandé aux voyageurs et aux entreprises installées au Gabon profiterait à des entités extérieures, alors même que les infrastructures utilisées, les services fournis et les enjeux liés à la connectivité concernent directement le territoire gabonais.

Au-delà de l’aspect fiscal, FlyGabon replace le débat sur le terrain de la souveraineté nationale. La compagnie estime que la construction d’une véritable souveraineté aérienne ne peut se limiter à l’existence d’un transporteur national. Elle passe également, selon elle, par une maîtrise des infrastructures aéroportuaires, des mécanismes de régulation, des systèmes de sûreté, des données stratégiques ainsi que de l’utilisation des ressources générées par le secteur aérien.

En annonçant la suspension de la perception de la redevance R4 jusqu’à nouvel ordre, FlyGabon adresse un signal fort aux autorités. Cette décision ouvre un nouveau chapitre dans les discussions entre le gouvernement et la compagnie nationale autour de la politique de financement du transport aérien.

Le gouvernement ne s’est pas encore officiellement prononcé sur cette position. Les prochains échanges entre les deux parties seront déterminants pour trouver un équilibre entre les impératifs de financement des infrastructures aéroportuaires, la compétitivité du transport aérien gabonais et l’objectif affiché de faire de Libreville un véritable hub régional.

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