
Face à l’accumulation des déchets et à la persistance des problèmes d’insalubrité dans l’agglomération du Grand Libreville, les maires veulent désormais rompre avec les interventions isolées. Réunis le 7 septembre à la mairie d’Owendo avec les principaux opérateurs de collecte, les responsables des communes de Libreville, Owendo, Akanda et Ntoum ont engagé la mise en place d’une stratégie commune. Objectif : coordonner les moyens, clarifier les responsabilités et obtenir des améliorations visibles dans un délai de trois mois.
L’insalubrité qui affecte plusieurs quartiers du Grand Libreville s’impose désormais comme une urgence pour les collectivités locales. Pour y répondre, les maires des quatre principales communes de l’agglomération ont décidé de rapprocher leurs méthodes d’intervention et de travailler sur un dispositif unique de gestion des déchets.
La réunion organisée le 7 septembre à Owendo a rassemblé les édiles de Libreville, Owendo, Akanda et Ntoum ainsi que les opérateurs chargés de la collecte. Une configuration qui traduit la volonté de dépasser les actions ponctuelles pour instaurer une véritable chaîne de responsabilité entre les collectivités et les entreprises intervenant sur le terrain.
À l’initiative de cette rencontre, le maire d’Owendo, Arnaud-Sandre Nombo, a insisté sur la nécessité d’une mobilisation collective. Pour lui, l’efficacité de la nouvelle démarche reposera notamment sur trois exigences : la volonté d’agir, la capacité à mobiliser les moyens nécessaires et la discipline dans l’exécution.
Cette orientation vise surtout à mettre fin à la dispersion des initiatives. Dans une agglomération où les déchets circulent au-delà des limites administratives des communes, les interventions menées sans coordination peuvent rapidement montrer leurs limites.
Le nouveau dispositif devra donc déterminer avec précision les zones d’intervention, les responsabilités de chaque acteur, les moyens disponibles et les échéances à respecter. Il s’agit également d’éviter les chevauchements entre opérateurs et de garantir une meilleure continuité du service de collecte.
Une obligation de résultats
Le ton adopté par les maires traduit une volonté de passer d’une logique de constat à une culture du résultat. Pour Arnaud-Sandre Nombo, les collectivités ne peuvent plus se contenter d’identifier les difficultés sans apporter de réponses concrètes aux populations. Cette approche implique de mesurer régulièrement les progrès accomplis sur le terrain : amélioration de la collecte, réduction des points noirs, évacuation plus rapide des dépôts sauvages et amélioration générale du cadre de vie.
L’enjeu est d’autant plus important que l’insalubrité ne relève pas uniquement de la question esthétique. L’accumulation des déchets peut favoriser la prolifération de nuisibles, obstruer les ouvrages d’assainissement et accentuer les risques sanitaires et environnementaux. La nouvelle stratégie municipale est désormais soumise à une contrainte de temps. Les différents acteurs disposent de trois mois pour produire des résultats suffisamment visibles pour être évalués.
Cette échéance doit permettre de passer rapidement à l’action, mais également de mettre en place des indicateurs permettant de mesurer l’efficacité des opérations. L’objectif n’est donc plus seulement de multiplier les opérations de nettoyage, mais de construire un mécanisme durable capable d’améliorer la gestion quotidienne des déchets.
Le plan opérationnel élaboré par les maires et les opérateurs doit être présenté le 9 septembre au vice-président du gouvernement, Hermann Immongault. Cette présentation devrait permettre de préciser les engagements de chaque partie et les moyens nécessaires à leur mise en œuvre.
Hermann Immongault met la pression sur les collectivités
Cette mobilisation intervient quelques jours seulement après une rencontre avec le vice-président du gouvernement. Hermann Immongault avait alors demandé aux maires de faire preuve de méthode et de fermeté face à la situation. Le responsable gouvernemental avait également évoqué la nécessité de faire appliquer les sanctions prévues par le Code pénal. Une manière de rappeler que la lutte contre l’insalubrité ne repose pas exclusivement sur les services municipaux ou les sociétés de collecte.
La responsabilité concerne également les comportements individuels et collectifs, notamment l’abandon anarchique des déchets dans les espaces publics. La réussite du dispositif dépendra ainsi autant de l’efficacité de la collecte que du respect des règles par les populations et les acteurs économique.
Avec cette nouvelle organisation, les communes du Grand Libreville jouent une partie importante de leur crédibilité. La promesse est désormais clairement affichée : mieux coordonner les interventions et produire des changements perceptibles dans les quartiers. Les trois prochains mois serviront donc de test. Ils devront permettre de vérifier si la mutualisation des efforts entre Libreville, Owendo, Akanda et Ntoum peut effectivement transformer la gestion des déchets et améliorer durablement le cadre de vie.
Après les constats et les réunions, l’heure est désormais aux actes. Pour les maires, le défi consiste à démontrer que la volonté politique, lorsqu’elle s’accompagne d’une organisation rigoureuse et de moyens adaptés, peut produire des résultats concrets face à l’insalubrité qui défigure le Grand Libreville.