
Dix-huit ans après la pose de sa première pierre sous l’ancien président Omar Bongo Ondimba, le projet universitaire du Cap Estérias entre enfin dans sa phase opérationnelle. Le chef de l’État, Brice Clotaire Oligui Nguéma, a inauguré ce jeudi 10 septembre 2026 la première phase de l’Université internationale qui porte son nom, implantée sur 10 hectares dans la commune d’Akanda. À travers cette nouvelle infrastructure, les autorités gabonaises entendent renforcer les capacités d’accueil de l’enseignement supérieur, diversifier l’offre de formation et mieux préparer les jeunes aux besoins du marché de l’emploi.
Le chantier aura traversé près de deux décennies avant de connaître son aboutissement. La première pierre avait été posée il y a dix-huit ans sous la présidence d’Omar Bongo Ondimba. Désormais, le site du Cap Estérias change de dimension avec la mise en service officielle de la première tranche de ce qui est appelé à devenir l’un des pôles universitaires majeurs du pays.
Implanté dans un environnement de 10 hectares, le campus a été conçu autour d’une approche combinant enseignement, hébergement et services aux étudiants. Cette première phase comprend deux bâtiments dédiés aux activités pédagogiques, offrant au total 48 salles de cours, ainsi qu’un amphithéâtre de 384 places. Un bâtiment administratif, une bibliothèque, une infirmerie, un hôtel-restaurant et des logements pour les enseignants et responsables de l’établissement complètent le dispositif.
Le volet résidentiel occupe également une place importante dans le projet. Le campus dispose d’un espace d’hébergement comprenant plus de 150 chambres, permettant à une partie des étudiants de vivre directement sur le site. Selon les projections présentées lors de l’inauguration, cette première étape doit permettre d’accueillir environ 4 000 étudiants. À terme, la capacité globale du complexe universitaire pourrait atteindre 12 000 apprenants.
Des formations ciblées sur les besoins de l’économie
Au-delà de ses capacités d’accueil, l’université entend surtout se distinguer par l’orientation de ses formations. Le projet repose sur la volonté de rapprocher davantage les parcours universitaires des secteurs considérés comme prioritaires pour la transformation économique du Gabon.
L’offre académique s’articule notamment autour de trois grands ensembles : l’Institut supérieur de technologie, l’École supérieure de tourisme et la Faculté des sciences de l’éducation. Les filières proposées couvrent des domaines aussi variés que les technologies numériques, les énergies renouvelables, le management, la gestion des entreprises, l’hôtellerie, la restauration, le tourisme, la biodiversité, l’environnement et les sciences de l’éducation.
Cette orientation traduit une volonté de favoriser des formations à forte dimension professionnelle et de renforcer l’employabilité des diplômés. Pour les autorités, l’enjeu n’est donc plus seulement d’augmenter le nombre de places disponibles dans les universités, mais également de faire évoluer les compétences des jeunes en fonction des transformations de l’économie et des besoins des entreprises.

Désengorger les universités de Libreville
La création de ce nouveau pôle universitaire intervient également dans un contexte marqué par une pression croissante sur les capacités d’accueil des établissements d’enseignement supérieur de Libreville. L’arrivée de milliers de nouveaux bacheliers chaque année accentue les difficultés liées aux infrastructures, aux salles de cours et aux conditions d’études.
L’Université internationale du Cap Estérias doit ainsi contribuer à répartir davantage les effectifs et à offrir de nouvelles possibilités aux étudiants désireux de poursuivre des études supérieures dans un environnement adapté.
Pour le maire d’Akanda, Michel Léandre Delbrah Ndassy, l’implantation de cette infrastructure représente une opportunité majeure pour la commune et pour sa jeunesse. Il a invité les jeunes à s’approprier ce nouvel outil avec « ambition, discipline et amour des formations dispensées », présentant l’université comme un investissement destiné avant tout aux générations futures.
Un projet placé au cœur de la politique de valorisation du capital humain
La mise en service de l’établissement s’inscrit dans la stratégie affichée par les autorités gabonaises en matière de développement du capital humain. L’objectif consiste notamment à donner aux jeunes des qualifications susceptibles de faciliter leur insertion professionnelle et de répondre aux exigences d’une économie en mutation.
Cette ambition rejoint les orientations du projet de société du président Brice Clotaire Oligui Nguéma, notamment celles consacrées à l’employabilité des jeunes et à la valorisation du capital humain. Dans cette logique, l’enseignement supérieur est présenté comme un levier essentiel pour réduire le décalage entre les compétences disponibles et les besoins du secteur productif.
La cérémonie d’inauguration a également permis de mettre en lumière le rôle des différents acteurs ayant participé à la concrétisation du chantier. Dominique Gaugry, directeur général de NC BTP, a notamment salué l’achèvement des travaux et la confiance accordée à son entreprise.
Du côté des étudiants, Aziz, leur représentant, a donné une dimension symbolique à l’ouverture du campus, estimant que l’établissement dépasse la seule fonction d’infrastructure universitaire. Il y voit une promesse adressée à la jeunesse gabonaise et une matérialisation des ambitions nationales dans le domaine de l’enseignement supérieur.
Avec cette inauguration, le Cap Estérias s’affirme donc comme un nouveau territoire de l’enseignement supérieur gabonais. Reste désormais à transformer les capacités offertes par ces infrastructures en résultats concrets : qualité des enseignements, insertion professionnelle des diplômés, adéquation des formations aux besoins des entreprises et montée en puissance progressive des effectifs. Autant de défis qui détermineront la place de cette nouvelle université dans le paysage académique du Gabon.