
Le Gabon se fixe une nouvelle trajectoire économique à l’horizon 2030. À travers son Plan national de croissance et de développement (PNCD) 2026-2030, le pays entend porter sa croissance à 7,3 % et accélérer la transformation de son économie. Pour y parvenir, le gouvernement prévoit 27 245 milliards de FCFA d’investissements sur cinq ans, répartis entre les secteurs public et privé. Au cœur de cette stratégie : 3 axes, 11 domaines d’intervention et 37 programmes prioritaires destinés à renforcer la production, la transformation locale, l’investissement et l’emploi.
Une nouvelle feuille de route pour l’économie gabonaise
Le Gabon veut franchir un nouveau cap dans sa transformation économique. Le PNCD 2026-2030, élaboré sous la conduite du Commissariat général au Plan, constitue le principal cadre de programmation de l’action publique pour les cinq prochaines années.
L’ambition est clairement affichée : atteindre 7,3 % de croissance économique en 2030. Mais derrière cet objectif macroéconomique se trouve une volonté plus large de faire évoluer les fondements de l’économie nationale, encore fortement dépendante de l’exploitation de ses ressources naturelles.
Le nouveau plan cherche ainsi à favoriser une croissance davantage portée par la transformation locale, la diversification des activités économiques et la création d’emplois. L’enjeu est de faire en sorte que les ressources produites au Gabon génèrent une plus grande valeur ajoutée sur le territoire.

37 programmes pour structurer les priorités
Pour atteindre ces objectifs, le PNCD s’appuie sur trois grandes orientations stratégiques, déclinées en 11 domaines d’intervention et 37 programmes prioritaires. Le premier axe met l’accent sur le développement économique et social durable. Le deuxième vise à accélérer la transformation de l’économie et la création de richesses. Le troisième s’intéresse davantage à la répartition des fruits du développement et à leur impact sur les populations.
Cette organisation doit permettre de mieux coordonner les politiques publiques et de concentrer les ressources sur des secteurs considérés comme déterminants pour la transformation du pays.
La diversification occupe notamment une place centrale. L’objectif est de réduire progressivement la dépendance aux matières premières en développant davantage l’agriculture, les mines, l’énergie, le tourisme et les activités liées à la transformation industrielle. La logique consiste à passer d’une économie qui exporte principalement des ressources à un modèle capable d’en tirer davantage de valeur sur place.
Plus de 27 000 milliards de FCFA d’investissements
Une telle transformation suppose des capacités financières importantes. Le PNCD estime à 27 245 milliards de FCFA les besoins d’investissement sur la période 2026-2030. La plus grande partie de cette enveloppe devrait être portée par le secteur privé. Sur le montant global, environ 10 043 milliards de FCFA sont associés aux investissements publics, tandis que 17 202 milliards de FCFA sont attendus du secteur privé. Ce dernier représenterait ainsi près des deux tiers des investissements projetés.
Cette configuration place les entreprises et les investisseurs au centre de la stratégie économique. Leur participation sera particulièrement attendue dans les secteurs des mines, de l’énergie, de l’agriculture ou encore de l’écotourisme.
Pour réunir ces ressources, le Gabon entend s’appuyer sur plusieurs mécanismes : budget public, partenariats public-privé, investissements directs étrangers, financements concessionnels, finance verte et autres instruments financiers.
Le véritable défi : transformer les annonces en projets
L’un des enjeux majeurs du PNCD sera toutefois le passage de la planification à l’exécution. La mobilisation de plusieurs milliers de milliards de FCFA ne garantit pas, à elle seule, l’atteinte des objectifs de croissance.
Le Gabon prévoit donc de renforcer la Gestion des investissements publics (GIP) afin d’améliorer le choix et la hiérarchisation des projets. L’idée est de privilégier les investissements capables de produire des effets économiques et sociaux mesurables, tout en tenant compte des ressources effectivement disponibles.
La chaîne Planification, Programmation, Budgétisation, Suivi-Évaluation (PPBSE) doit également contribuer à une meilleure cohérence entre les ambitions du PNCD, les programmes d’investissement public, les budgets annuels et les résultats attendus.
Cette articulation sera déterminante. Un projet peut être inscrit dans un plan sans être financé à temps, tandis qu’un financement disponible peut ne pas produire les effets escomptés si l’exécution connaît des retards. La capacité à suivre les projets, mesurer leur avancement et réorienter les ressources en fonction des résultats constituera donc un élément essentiel de la mise en œuvre du plan.
Une croissance appelée à produire des effets sur l’emploi
L’objectif de 7,3 % ne constitue qu’un indicateur parmi ceux qui permettront d’apprécier les résultats du PNCD. Pour les autorités, l’enjeu sera également de déterminer dans quelle mesure cette croissance se traduit par une augmentation de l’activité économique et des opportunités pour les populations.
La création d’emplois, le développement des entreprises locales, l’augmentation de la transformation des matières premières et l’amélioration des infrastructures et services publics seront ainsi des critères importants pour évaluer les effets du plan.
Cette dimension rejoint le troisième axe du PNCD consacré au partage des résultats du développement. L’ambition affichée est que les investissements ne se limitent pas à améliorer les principaux indicateurs macroéconomiques, mais contribuent également à élargir les possibilités économiques offertes aux Gabonais.
Le pari de la transformation économique
Avec ses 37 programmes prioritaires, le PNCD 2026-2030 dessine donc une trajectoire qui associe croissance, investissement et diversification. Les 27 245 milliards de FCFA projetés donnent une dimension financière considérable à cette ambition, avec un rôle particulièrement important attendu du secteur privé.
Le défi des prochaines années sera cependant celui de l’exécution. La réussite de cette stratégie dépendra de la capacité du Gabon à attirer effectivement les investissements annoncés, à sélectionner les projets les plus structurants et à assurer leur réalisation dans les délais.
À l’horizon 2030, le taux de croissance de 7,3 % permettra de mesurer une partie du chemin parcouru. Mais la portée économique du PNCD se jugera aussi à travers sa capacité à diversifier durablement l’économie, accroître la transformation locale, renforcer le tissu entrepreneurial et créer davantage d’emplois et de revenus.