Litige : comment l’Île de Mbanié a échappé au Gabon au profit de la Guinée équatoriale

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Domingo Mba Esono (à droite), ministre des Mines et des Hydrocarbures de la République de Guinée équatoriale, lors du début des audiences à la CIJ, à La Haye, en septembre 2024.

Ce lundi 19 mai, la Cour internationale de justice a statué en faveur de la Guinée équatoriale dans le différend territorial qui l’oppose au Gabon depuis plusieurs décennies. En jeu : trois îlots pratiquement inhabités mais stratégiques, situés dans une zone maritime potentiellement riche en pétrole, à une dizaine de kilomètres des côtes équato-guinéennes et une vingtaine de celles du Gabon.

La Cour internationale de justice (CIJ) a rendu son verdict. Elle a donné raison à la Guinée Equatoriale  dans le contentieux territorial qui l’oppose au Gabon  au sujet des îles de Mbanié, Cocotiers et Conga, situées à une vingtaine de km du Gabon et à une dizaine de km de son voisin.  Depuis les années 1970, les deux voisins s’opposent à propos de la souveraineté de trois petites îles proches de leurs côtes : Mbanié, Cocotiers et Conga. La plus haute juridiction de l’ONU devait statuer sur la validité des traités présentés par les deux parties pour plaider leur cause.

A en croire Jeune Afrique, la Guinée équatoriale en revendique la souveraineté en s’appuyant sur la signature en 1900 d’un traité entre la France  et l’Espagne, les deux puissances coloniales qui établissaient les frontières de cette manière. Mais le Gabon soutient qu’une convention ultérieure signée en 1974, dite de Bata, lui confère la souveraineté sur les îles en question. Des soldats gabonais occupent Mbanié depuis 1972.

Lundi, la CIJ a estimé que ce texte de 1974 sur lequel s’appuient les autorités gabonaises n’était « pas un traité faisant droit » et « ne constitu[ait] pas un titre juridique ». D’après la Cour, le titre légal sur ces territoires était à l’époque coloniale détenu par l’Espagne, qui l’a ensuite transmis à la Guinée équatoriale au moment de son accès à l’indépendance, en 1968.

Frontière terrestre

Selon France 24, après l’énoncé de la décision, un représentant du Gabon, Guy Rossatanga-Rignault, a estimé qu’il appartenait désormais aux parties de négocier. « Le Gabon et la Guinée équatoriale sont condamnés à vivre ensemble », il va donc falloir des négociations « pour régler tous ces problèmes », a-t-il dit. Les représentants de la Guinée équatoriale ne se sont pas exprimés après la lecture de la décision. Lors d’audiences en amont, la Guinée équatoriale a affirmé que le Gabon occupait illégalement les îlots depuis qu’il les a envahis en 1972, et contesté la validité de la convention de Bata.

Comme le rapporte Gabon Review, si la décision de la Cour est favorable à Malabo concernant les trois îlots, s’appuyer sur le seul traité franco-espagnol de 1900 implique aussi des changements au niveau de la frontière terrestre entre les deux pays, avec certaines localités qui devront passer sous contrôle gabonais.

« La Cour internationale de justice reconnaît clairement la souveraineté territoriale du Gabon sur les zones d’Ebebyin et de Mongomo », actuellement équato-guinéennes, a indiqué la porte-parole du gouvernement gabonais, Laurence Ndong, au journal télévisé.

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