
Excellente nouvelle pour le commerce africain. Le président chinois Xi Jinping a confirmé samedi dernier l’annonce de suppression par la Chine des droits de douane sur les importations en provenance des 53 pays africains, à compter du 1er mai 2026. Cette extension généralise une politique déjà appliquée à 33 États africains dont le Gabon.
Premier partenaire commercial de l’Afrique, la Chine renforce ainsi son offensive économique sur un continent de 1,4 milliard d’habitants. Les échanges bilatéraux ont progressé de 17,7 % en 2025 pour atteindre 348,05 milliards de dollars, selon les douanes chinoises, avec une hausse marquée des exportations chinoises. Pékin prévoit en outre d’accélérer les négociations d’un accord économique global et d’améliorer l’accès des produits africains à son marché, dans le cadre notamment de son initiative dès Belt and Road Initiative.
La Chine applique déjà une politique de droits de douane nuls pour les importations en provenance de 33 pays africains, mais Pékin avait annoncé l’année dernière son intention d’étendre cette politique à l’ensemble de ses 53 partenaires diplomatiques sur le continent. Seul l’Eswatini, qui entretient des relations diplomatiques avec Taïwan, n’est pas concerné.
La Chine est le premier partenaire commercial de l’Afrique et un acteur majeur du financement des grands projets d’infrastructure dans la région, notamment grâce à son initiative des « Nouvelles Routes de la Soie ».
Les pays africains se tournent de plus en plus vers la Chine
À partir du 1er mai, les droits de douane seront nuls pour tous les pays africains, à l’exception de l’Eswatini, qui entretient des relations diplomatiques avec Taïwan. L’île de Taïwan et la Chine continentale sont séparées politiquement depuis la guerre civile chinoise, achevée en 1949. Pékin revendique le territoire et dit souhaiter une « réunification » pacifique, mais n’exclut pas l’usage de la force pour prendre le contrôle du territoire insulaire.
A en croire RFI, depuis l’imposition de droits de douane élevés à l’échelle mondiale par le président américain Donald Trump l’année dernière, de nombreux pays africains se tournent de plus en plus vers la Chine et d’autres partenaires commerciaux.
Le président chinois a ajouté que la décision portant sur les droits de douane nuls « offrira sans aucun doute de nouvelles perspectives au développement de l’Afrique », au moment où les dirigeants du continent sont réunis à Addis-Abeba, en Éthiopie, dans le cadre du sommet annuel de l’Union africaine.
«Le symbole est bien choisi»
Le spécialiste d’économie chinoise à l’Inalco Philippe Aguignier tient à relativiser cette annonce : « Ça va pas faire de mal aux exportations africaines et à l’économie des pays africains. Mais il faut quand même relativiser la portée de la nouvelle. Globalement, l’Afrique a un déficit de 100 milliards. Donc, on parle d’une relation qui est, de ce point de vue-là, extrêmement déséquilibrée. Est ce que ça va avoir un impact pour corriger ce déficit qui en plus a tendance à exploser ? C’est là qu’on peut avoir des doutes, parce que même si ça stimule un petit peu les exportations africaines en ce qui concerne les exportations de biens manufacturés, on part de vraiment très, très, très, très bas ».