
Le Gabon ne prévoit ni restructuration ni reprofilage de sa dette publique, a affirmé le vice-président du gouvernement, Alexandre Barro Chambrier, en marge du Financial Times Africa Summit à Londres. Le pays mise sur une révision de ses calculs du produit intérieur brut (PIB) pour améliorer son ratio dette/PIB, tout en menant un audit de sa dette intérieure.
Lors du Financial Times Africa Summit 2025 à Londres, le vice-président du gouvernement gabonais, Alexandre Barro Chambrier, a été reçu au think tank Chatham House après sa participation à la rencontre officielle avec Brice Clotaire Oligui Nguema. En marge de sa participation au « Financial Times Africa Summit 2025 » qui s’est ouvert ce mercredi 22 octobre à Londres où il représente le chef de l’État Brice Clotaire Oligui Nguema, le vice-président du gouvernement, Alexandre Barro Chambrier, accompagné du Haut-Commissaire du Gabon au Royaume-Uni, Sanna Aoudou Aichatou, a été reçu à « Chatham House », think tank britannique fondé en 1920, spécialisé en politique internationale, sécurité, économie et diplomatie.
«Nous n’en sommes pas là à ce stade», a répondu le vice-président du gouvernement à l’agence de presse Reuters, interrogé sur la possibilité d’un reprofilage ou d’une restructuration. Malgré la suspension des décaissements de la Banque mondiale en janvier, due à des arriérés croissants, Alexandre Barro Chambrier se veut rassurant : «Il n’y a aucune raison d’avoir peur» concernant la dette et l’emprunt du Gabon.
A en croire l’UNion, sous la coordination de Tighisti Amare, directrice du Programme Afrique, une table ronde a réuni des experts de divers horizons (politique, économie, pétrole, mines…). Alexandre Barro Chambrier y a présenté la vision politique du chef de l’État, axée sur le développement, la souveraineté économique, la transformation locale des matières premières et la protection de l’environnement. Il a souligné que « le Gabon a besoin de partenaires stratégiques fiables, de transferts de compétences et de financements pour réussir son développement ».
Une autre rencontre, avec Ruth Davis (envoyée spéciale du Royaume-Uni pour la nature) et Simon Day (Haut-Commissaire britannique au Gabon), a permis d’échanger sur le rôle du Gabon dans la lutte contre les changements climatiques et les mécanismes de compensation, en amont de la COP30 prévue en novembre à Belém, au Brésil.
Selon gabonreview, la révision des calculs du PIB, en cours, vise à intégrer davantage le secteur informel et le «capital naturel» du pays. Cette opération, qui devrait être finalisée avant la fin de l’année, devrait aboutir à un PIB supérieur à celui actuellement estimé à un peu moins de 21 milliards de dollars en 2024, selon la Banque mondiale. «Cela rendra le ratio dette/PIB du pays plus favorable», a précisé Barro Chambrier.
Concernant l’audit de la dette intérieure, le vice-président du gouvernement a insisté sur l’importance de la transparence et de la bonne gouvernance : «Cela fait partie de l’État de droit dans un pays : il faut vraiment s’assurer que les choses sont bien faites et que la gouvernance est bonne. Les ressources sont bien utilisées. Il n’y a pas d’évaporation.»
Enfin, bien que le Gabon soit en contact régulier avec le Fonds monétaire international, Chambrier a indiqué que la priorité du pays reste de préserver une «marge de manœuvre pour investir», plutôt que de solliciter un programme d’emprunt auprès du Fonds.