Gabon : un geste d’apaisement du président Oligui Nguema envers les sinistrés de Plaine-Orety

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Après les déguerpissements de Plaine-Orety, le président de la République n’est pas resté indifférent. Dans la nuit du 15 au 16 juin 2025, il s’est rendu au petit matin  dans ce quartier récemment déguerpir à Libreville dans le cadre d’un projet de réaménagement urbain et la construction d’un boulevard stratégique et une cité administrative.

Le président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema s’est faire les choses autrement. Pour preuve sa visite inattendue, réalisée en dehors de tout protocole officiel et à l’abri des caméras, intervient dans un climat de crispation sociale alimenté par les conséquences directes de ces démolitions. De nombreuses familles se retrouvent aujourd’hui en situation de vulnérabilité après la destruction de leurs habitations.

« Je suis venu voir, écouter et comprendre », aurait déclaré le président, selon des sources proches du Palais. Cette posture de proximité, à l’opposé des accusations d’indifférence et des procès en sorcellerie politique, vient rappeler l’attachement du chef de l’État à la gestion humaine des politiques publiques. Sur les images diffusées par la cellule communication de la présidence, on découvre un président assis à même le sol, autour d’un feu de camp, discutant à visage découvert avec des citoyens dont les maisons ont été rasées.

Face aux victimes, Brice Oligui Nguema a encouragé le dépôt de plaintes contre les personnes à l’origine de la vente illégale des terrains. « Ceux qui vous ont vendu ces parcelles vous ont trahis. Ils doivent répondre devant la justice », a-t-il lancé, dénonçant ainsi les chaînes invisibles de la spéculation foncière et les complicités administratives passées.

A en croire gabonmediatime, en toile de fond de cette crise sociale, se dessinent les projets d’envergure  que sont la construction du boulevard de la Transition, de la cité administrative et du bassin versant Sainte-Marie-Awondault. Si l’État invoque la récupération du domaine public et la modernisation urbaine, la réalité des habitants expulsés contraste avec ces ambitions. À ce jour, nombre d’entre eux attendent des relogements, une prise en charge sanitaire, ainsi que l’accès à l’eau et à l’électricité.

L’intervention nocturne du président semble marquer un tournant. Elle a certes pour but de calmer les tensions, mais elle ouvre aussi la voie à une nécessaire réponse sociale. Dans un État de droit, l’urbanisation ne saurait être synonyme de déshumanisation.

À l’heure où les aléas climatiques pourraient aggraver les conditions de vie des déplacés, la visite du président soulève des attentes concrètes, notamment pour les mesures d’accompagnement, les solutions de relogement, ou encore une mise en place de filets sociaux adaptés. Cette initiative, bien qu’appréciée par certains comme un acte d’humanisme, devra désormais se traduire par des décisions effectives pour éviter que ce déplacement ne soit que symbolique.

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