
Le gouvernement du Gabon a annoncé le 21 janvier son intention de mettre en œuvre un programme économique avec l’appui du Fonds monétaire international, affirmant vouloir renforcer la stabilité macroéconomique et soutenir le développement économique et social. Dans son communiqué, l’exécutif précise que cette initiative vise à « mettre en œuvre un programme économique de croissance avec l’appui du Fonds monétaire international (FMI), dans l’intérêt macroéconomique de la sous-région CEMAC et pour répondre aux ambitions de développement économique et social du pays ».
Les marchés financiers saluent l’engagement du Gabon à mettre en œuvre un programme de réformes soutenu par le Fonds monétaire international (FMI). Selon Bloomberg, les obligations gabonaises en dollars ont enregistré, le 21 janvier 2026, la meilleure performance parmi les marchés émergents, signe d’un regain de confiance des investisseurs.
Selon Bloomberg, « les obligations en dollars du Gabon ont été les plus performantes parmi les marchés émergents » à la suite de cet engagement gouvernemental. Dans le détail, les titres arrivant à échéance en 2031 ont gagné plus de quatre cents par dollar pour s’échanger à 81,3 cents à 17h20, heure de Londres, d’après les données de CBBT Composite Pricing. Les obligations arrivant à maturité en 2029 ont également suivi la même trajectoire haussière.
Cette réaction traduit l’anticipation, par les investisseurs, d’un cadre macroéconomique plus discipliné et d’un retour progressif à une trajectoire budgétaire crédible, dans un contexte où le Gabon sort d’une période d’incertitudes politiques et financières.
Selon gabonmediatime, le ministre de l’Économie, des Finances et de la Dette, Thierry Minko, a tenu à préciser la philosophie de cet engagement. Le programme soutenu par le FMI sera mis en œuvre, selon ses termes, dans l’intérêt du « développement économique et social durable du pays ». Une déclaration reprise par Bloomberg, qui souligne que les discussions techniques et institutionnelles entre le Gabon et le FMI « se sont renforcées et se poursuivent activement ».
Pour Libreville, il s’agit à la fois de restaurer la crédibilité financière du pays, de rassurer les bailleurs internationaux et de créer les conditions d’une croissance plus inclusive, dans un contexte marqué par la pression sur les finances publiques et la nécessité de réformes structurelles.
A en croire La Tribune, le Gabon s’est doté d’un ambitieux budget 2026 à 9,7 milliards d’euros, marqué par une hausse des investissements publics et des dépenses sociales, dans un contexte politique post-transition. Cette trajectoire budgétaire vise à soutenir la croissance et à répondre aux attentes sociales, mais elle accentue les besoins de financement dans un environnement où la perception du risque souverain s’est dégradée.
La nomination de Thierry Minko à la tête du ministère de l’Économie, des Finances, de la Dette et des Participations début janvier s’inscrit dans le cadre cette équation délicate. Le nouveau ministre hérite d’un portefeuille marqué par la montée de la dette, des tensions de trésorerie, ainsi qu’une dépendance accrue au marché régional de la CEMAC (Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale), alors même que les règles communautaires imposent une discipline budgétaire renforcée.
Dans son communiqué, le gouvernement affirme vouloir s’aligner sur ces orientations communautaires, soulignant qu’il « s’attellera à une harmonisation budgétaire soutenable et conforme aux directives sous-régionales ». Pour rappel, le pacte de convergence de la CEMAC, qui réunit avec le Gabon, cinq autres pays d’Afrique centrale ayant en commun le Franc CFA comme monnaie, impose un solde budgétaire de base (hors dons) inférieur ou égal à 0% du PIB, un taux d’inflation annuel inférieur ou égal à 3%, et une dette publique totale inférieure ou égale à 70%.