Gabon : comment le pourvoir de la femme va grandissant au Sénat

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Le siège provisoire de la Chambre haute du Parlement a servi de cadre, le 24 décembre 2025, à une passation de charges entre Paulette Missambo et Huguette Yvonne Awori Onanga. Entre héritage de la Transition et défis de la 6è législature, cette transition au sommet consacre la promotion de la gent féminine et l’urgence d’une décentralisation effective pour les populations de l’arrière-pays.

Au Gabon, la participation des femmes au Sénat progresse lentement mais sûrement, avec des cadres législatifs et des initiatives visant à renforcer leur rôle, bien que des défis subsistent dans l’application concrète ; des groupes parlementaires féminins existent, et le pays a ratifié des traités internationaux pour l’égalité des genres, œuvrant à accroître la représentation et l’influence des femmes dans les instances de pouvoir. 

C’est ainsi qu’une page se tourne et une autre s’ouvre pour le Sénat gabonais. Dans une atmosphère empreinte de solennité républicaine, Paulette Missambo, figure de proue de la Transition, a transmis les sceaux de l’institution à Huguette Yvonne Awori Onanga. Un passage de témoin qui marque l’entrée officielle dans la «5e République» naissante, avec une ambition claire : transformer l’essai de la refondation.

A en croire Gabonreview, dressant le bilan de sa mandature, Paulette Missambo s’est félicitée des jalons posés en matière de diplomatie parlementaire et de réforme législative. Pour elle, voir une femme lui succéder est un signal fort envoyé par le Chef de l’État, Brice Clotaire Oligui Nguema. «J’ai toujours travaillé avec l’idée selon laquelle il ne faut pas qu’une porte se ferme à une femme parce que j’aurai fauté», a-t-elle confié, tout en exhortant sa successeure à intégrer les enjeux climatiques et environnementaux dans les futures commissions.

Le cri de ralliement

Reprenant le flambeau, la nouvelle présidente, Huguette Yvonne Awori Onanga, a d’emblée placé son mandat sous le sceau de l’efficacité territoriale. Le mot d’ordre est sans équivoque : «Décentralisation, décentralisation, décentralisation». Pour la nouvelle patronne du Sénat, la représentation des territoires doit se traduire par un changement réel du quotidien des populations.

«Il sera question pour nous de regarder […] ce qui pourra être la contribution du Sénat dans la mise en œuvre du programme d’urgence du développement communautaire», a-t-elle martelé, appelant les sénateurs à évaluer rigoureusement les politiques publiques.

Soucieuse de rassurer l’appareil administratif, Awori Onanga a balayé d’un revers de main toute velléité de purge interne. «Je voudrais dire aux collaborateurs de l’appareil administratif que nous venons, ce n’est pas une chasse à l’homme. Soyez vraiment rassurés», a-t-elle insisté, prônant plutôt l’abnégation et la disponibilité pour atteindre les objectifs de cette 6e législature.

En s’inscrivant dans la «continuité du service», la nouvelle présidente entend puiser à l’expérience de sa devancière pour mener à bien la mission de restauration des institutions. La sixième législature prend ainsi ses quartiers au Sénat, avec la lourde tâche de transformer les textes en actes concrets pour le Gabon profond.

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