Gabon : l’écotourisme, nouveau point d’ancrage de la diversification économique

Le Gabon développe l’écotourisme pour diversifier son économie, attirer 10 000 touristes par an, créer emplois locaux, moderniser infrastructures, protéger la biodiversité et séduire investisseurs internationaux.

Réuni autour du Vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, l’exécutif a tenu ce lundi 16 mars 2026 une séance de travail consacrée au développement de l’écotourisme au Gabon. Objectif : lever les obstacles structurels qui freinent l’essor de ce secteur et en faire un véritable moteur de croissance, de création d’emplois et de valorisation du patrimoine naturel national.

Le Gabon mise sur l’écotourisme pour diversifier son économie, fortement dépendante du pétrole, en valorisant sa biodiversité exceptionnelle (88% de couverture forestière, 13 parcs nationaux). Cette stratégie vise à créer des emplois, attirer des investissements durables et faire du Gabon une référence touristique.

Pour le ministre des Eaux et Forêts, Maurice Ntossui Allogo, la question centrale reste celle des obstacles qui freinent encore l’essor de cette filière. « Notre patrimoine naturel tourne essentiellement autour des 13 parcs nationaux, qui ont une valeur inestimable. Il y a des touristes qui viennent au Gabon, environ 2 500 par an, pour visiter nos parcs, nos plaines et nos espaces naturels. La problématique aujourd’hui, c’est qu’il existe des facteurs de blocage, structurels ou conjoncturels, qui empêchent l’épanouissement de ce secteur », a-t-il indiqué.

Un potentiel économique

Le Gabon projette d’accueillir 10 000 touristes par an d’ici 2030. Selon les estimations officielles, cette fréquentation pourrait générer plus d’un milliard de FCFA de retombées directes, soit environ 1,5 million d’euros, pour les communautés locales. Ces revenus proviennent notamment des séjours dans les parcs nationaux, des activités touristiques et de la consommation dans les hôtels et restaurants.

À titre de comparaison, le tourisme représente actuellement environ 1,5 % du budget national gabonais. Avec le développement de l’écotourisme, cette part pourrait augmenter significativement, contribuant à diversifier l’économie qui dépend encore beaucoup du pétrole et des mines. L’arrivée de 10 000 touristes supplémentaires par an pourrait également créer entre 3 000 et 4 000 emplois directs et indirects dans les secteurs de l’hôtellerie, du transport, de la restauration et de l’artisanat local.

A en croire Gabon média time, au-delà du diagnostic, l’ambition affichée par l’exécutif est désormais d’engager un plan d’actions structuré pour accélérer le développement de l’écotourisme. Une meilleure coordination entre les différents départements ministériels apparaît ainsi comme une condition essentielle pour lever les verrous administratifs et favoriser l’émergence d’investissements durables.

Dans cette perspective, un document stratégique intégrant un séquençage des actions, un chronogramme et des indicateurs de performance devrait être élaboré afin de structurer la mise en œuvre des réformes. « Il était question de tout mettre sur la table pour lever les verrous qui auraient été identifiés. Ce document, avec un séquençage des actions et un chronogramme assorti d’indicateurs, nous sera présenté pour validation avant sa mise en œuvre », a expliqué la ministre du Tourisme durable et de l’Artisanat, Marcelle Ibinga.

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