
Le Gabon a mobilisé 6,2 milliards FCFA pour solder ses arriérés sociaux et budgétaires fin 2024/début 2025, principalement grâce à des réformes structurelles : reprofilage d’une dette de 592 milliards FCFA (allongement des maturités), titrisation de 473 milliards FCFA de créances bancaires, et mobilisation de 338 milliards FCFA de nouvelles ressources, créant un gain global de 680 milliards FCFA, pour alléger la pression sur les finances publiques et dégager des marges de manœuvre.
Pour y parvenir, l’audience accordée le 10 décembre 2025, par le président Brice Clotaire Oligui Nguema au Directeur général de la CNSS, Dr Olivier Rebienot Pellegrin, accompagné de la ministre des Affaires sociales Nadine Anato, a permis de faire le point sur un dossier sensible : la reprise des paiements sociaux bloqués depuis 2017. Au cœur des échanges, les 6,2 milliards de FCFA mobilisés par l’État pour solder des arriérés touchant plus de 6 200 familles, dont 3 010 bénéficiaires prioritaires à régler avant le 24 décembre 2025.
Selon les informations présentées au chef de l’État, la CNSS entame dès le 10 décembre le versement de 4 milliards de FCFA en arriérés de pensions de vieillesse, 2 milliards pour les prestations de maternité, 152 millions dédiés aux allocations de survivants et 88 millions pour les remboursements de cotisations. Un effort financier sans précédent, destiné à corriger sept années de rupture dans l’accès aux droits sociaux et à soulager retraités, mères de famille et ayants droit dont les dossiers étaient gelés depuis 2017.
Ce déblocage exceptionnel intervient dans un contexte de tension structurelle pour la caisse, dont les équilibres financiers sont fortement dégradés : environ 60 milliards de recettes annuelles pour près de 115 milliards de pensions versées. Face à cette impasse, le Président Oligui Nguema a réaffirmé sa volonté d’un redressement durable du système de protection sociale, appuyé par deux nouveaux décrets révisant les modalités de calcul des pensions ainsi que les taux et assiettes de cotisation pour sécuriser l’avenir du régime.
Selon gabonreview, L’opération lancée par la CNSS vise ainsi un double objectif : honorer les engagements de l’État envers les assurés et restaurer la crédibilité d’une institution secouée par des années de dysfonctionnements. Pour le gouvernement, la reprise du paiement de ces droits sociaux suspendus depuis sept ans marque un geste fort qui traduit un passage résolu des promesses aux actes et une volonté de replacer la justice sociale au cœur de la politique publique.
Par ailleurs, en sa séance du 4 décembre 2025, le Conseil des ministres a pris une batterie de mesures en vue d’améliorer le système des prestations sociales au Gabon. Preuves, deux projets de décrets dont le premier, qui fixe les modalités d’attribution et de calcul de la pension d’invalidité et de la pension de survivants, a été pris en application des dispositions de la loi n°037/2023 du 23 juillet 2023, modifiant et abrogeant certaines dispositions de la loi n°6/75 du 25 novembre 1975 portant Code de la sécurité sociale, laquelle matérialise le processus de réforme juridique de la sécurité sociale.
Selon les décideurs, ce projet de texte se justifie par la nécessité d’ instaurer un nouveau paramétrage, lequel intègre notamment le réajustement des taux de cotisation de la branche des pensions ainsi que le relèvement des cotisations, afin d’assurer la pérennité et l’équilibre financier du système. Le second projet de décret fixe, lui, les taux, l’assiette et le plafond des salaires soumis à cotisations. Il s’inscrit dans le cadre de la réforme approfondie des dispositions antérieures régissant la branche des pensions de retraite.