
C’est acté ! Le chef de l’État gabonais a annoncé dans une vidéo publiée dimanche 22 juin le lancement officiel de sa formation politique, samedi prochain 28 juin, lors d’un grand rassemblement au Palais des sports de Libreville. Brice Oligui Nguema s’était présenté en candidat indépendant à la présidentielle du 12 avril dernier, qu’il avait largement remportée.
A la faveur d’une bonne transition, il est passé de général à président, élu par une large majorité de Gabonais le 12 avril. Brice Clotaire Oligui Nguema tente désormais de s’ancrer durablement dans la classe politique au Gabon. Dimanche 22 juin, dans un message adressé à ses compatriotes sur ses réseaux sociaux, il les a appelé à se joindre à lui pour le lancement de son parti politique, le 28 juin à Libreville.
« Le 28 juin 2025, je vous invite à prendre part à une étape majeure de notre histoire : la fondation de notre mouvement politique, socle de la Ve République », indique la présidence. Aux côtés d’une dizaine d’hommes et de femmes, le chef de l’État évoque une « étape primordiale » avec la mise en place d’un « outil politique fédérateur ».
Réduction des partis politiques
« J’ai l’honneur de vous inviter à l’assemblée générale marquant l’avènement de notre mouvement qui se tiendra au Palais des Sports de Libreville. » Si le président gabonais ne dévoile ni le nom du parti ni la personne qui en prendra les rênes, il assure qu’il s’agira d’une formation « inclusive considérant toutes les sensibilités » du pays. Au début de la vidéo, il fait aussi référence au Rassemblement des bâtisseurs, ce mouvement qui a soutenu sa candidature à l’élection présidentielle. « Le suffrage universel que vous m’avez accordé exige désormais la mise en place d’un outil politique capable de rassembler toutes les énergies constructives de notre nation ».
Dans la classe politique gabonaise, cette annonce n’a évidemment pas tardé à susciter des réactions contrastées, telle celle de Jean-Rémy Yama, l’une des principales figures de l’opposition, qui regrette ce choix même s’il reconnaît à l’actuel chef de l’État le droit de créer son parti. « [Cette initiative] n’était pas nécessaire, car la Constitution donne tous les pouvoirs au président, à tel point qu’il n’a même plus besoin de majorité à l’Assemblée ».
L’annonce du président Oligui Nguema intervient par ailleurs cinq jours après l’adoption par l’Assemblée nationale, mardi 17 juin, du projet de loi sur les partis politiques qui vise à réduire le nombre de formations de 103 actuellement à trois ou quatre seulement, comme recommandé lors du dialogue national inclusif d’avril dernier.