Gabon : que retenir de la conférence de presse du porte-parole du gouvernement, Pr Charles Edgar Mombo

Le porte-parole du gouvernement, Pr Charles Edgar Mombo, a animé une conférence de presse, hier à la Maison Brice Clotaire Oligui Nguema, entouré des ministres de la Communication, Germain Biahodjow, de la Fonction publique, Laurence Ndong et des Affaires sociales, Armande Longo-Moulengui.

Le porte-parole du gouvernement gabonais le Pr Charles Edgar MOMBO était face à la presse ce 1er avril. L’occasion pour l’exécutif de présenter les priorités et les premières mesures depuis sa formation en janvier 2026. Réformes structurelles, discipline gouvernementale et réponses aux enjeux sociaux, cette intervention visait avant tout à clarifier la méthode et les ambitions d’une gouvernance désormais axée sur les résultats

Le porte-parole a expliqué que, « le Gouvernement a, depuis sa formation, déjà communiqué (…) », mais que cette conférence était nécessaire pour « clarifier et rendre plus transparente l’action publique » envers les Gabonais. Il a insisté sur la rupture avec les pratiques passées et la volonté de rendre chaque action gouvernementale cohérente et mesurable.

Au cœur de cette nouvelle approche se trouve le Programme national de croissance et de développement (PNCD), qui devient le cadre unique de référence pour toute décision ministérielle. « Il n’y a plus de politique ministérielle autonome », a souligné le porte-parole, précisant que la gouvernance repose désormais sur « le pilotage stratégique, la redevabilité et la culture des résultats ». Chaque ministre doit respecter une feuille de route de 100 jours, assortie d’objectifs concrets et mesurables.

Trois piliers structurent désormais l’efficacité attendue : le pilotage stratégique, la redevabilité et la culture du résultat. Des contrats de performance ont été conclus, assortis d’un délai de 100 jours et plus de vingt-cinq (25) textes adoptés en deux mois par le gouvernement.

Poursuivant son propos, il a égrené une série de réformes sectorielles adoptées lors des récents Conseils des ministres.

 » Dans le domaine des transports, un décret institue un dispositif national de sauvetage aérien articulé autour d’un comité de coordination, renforçant la crédibilité du Gabon auprès de l’Organisation de l’aviation civile internationale. La digitalisation des documents de transport est également engagée, en partenariat avec le ministère de l’Économie numérique. Sur le foncier, une ordonnance crée un régime dérogatoire permettant de raccourcir les délais de publicité pour les opérations d’intérêt stratégique. Plus structurante encore, une autre ordonnance abroge le texte de 2012 et fait désormais du titre foncier un acte à caractère définitif, irrévocable et inattaquable, délivré par décision judiciaire. Un guichet unique foncier promet la délivrance des titres en quatre mois, supprimant ainsi une source majeure de corruption et de découragement des citoyens », a-t-il énuméré.

En matière sociale, a-t-il mentionné, une ordonnance étend la couverture de la sécurité sociale aux travailleurs indépendants et informels, longtemps exclus du système. Du côté de la communication, l’adoption d’une loi sur les réseaux sociaux et d’un texte encadrant les contenus générés par l’intelligence artificielle entend réguler l’espace numérique sans sacrifier la liberté d’expression.

Le Pr Charles Edgar Mombo n’a pas éludé les tensions sur le front social enregistrées en début d’année.  » Le chef de l’État a lui-même présidé plusieurs mécanismes de décrispation avec les partenaires sociaux, qualifiant la paix sociale de priorité non négociable. Des Commissions tripartites impliquant les ministères sectoriels, la Fonction publique et les syndicats ont été mises en place dans les secteurs de l’Éducation et de la Santé », a-t-il martelé.

Sur les bourses universitaires, a-t-il fait valoir, le gouvernement a annoncé le règlement de 26 milliards de francs CFA d’arriérés, dont 13,4 milliards destinés aux étudiants gabonais à l’étranger.

Enfin, invité à se prononcer sur le débat autour de l’ordonnance portant sur le Code de la nationalité gabonaise, le porte-parole a tenu à recadrer le débat.

 » L’ordonnance obéit au schéma tracé par la Constitution. Elle passera obligatoirement devant les deux Chambres du Parlement. Il n’y a ni précipitation, ni volonté de passage en force », a-t-il conclu.

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