Gabon : tout savoir sur les enjeux du second des législatives

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Ce samedi 11 octobre, le second tour des législatives se jouera dans 77 circonscriptions sur l’ensemble du territoire national. Si la ferveur du premier tour s’est quelque peu émoussée, les enjeux politiques n’en demeurent pas moins cruciaux. Entre tentatives de survie et ambitions renouvelées, ce scrutin redessinera le visage de l’Assemblée nationale. Ce qu’il reste des duels en dit long. 

La majorité des duels pour cette phase 2 des législatives 2025 mettra en prise le parti « Union démocratique des bâtisseurs» (UDB) de l’actuel Chef d’Etat, Brice Oligui Nguema, et le «Parti démocratique gabonais» (PDG), ex-parti au pouvoir de 1969 à 2023).

Au terme du premier tour le 27 septembre dernier, l’UDB a recueilli 55 sièges contre 3 sièges pour le PDG, même si cette formation a obtenu quatre autres sièges grâce à un ticket commun avec l’UDB d’autres petits partis ont également obtenu au moins un siège.

Le scrutin du premier tour n’a pu se dérouler «dans trois circonscriptions suite à des tensions entre candidats et partis en lice», selon l’instance électorale.

Le Parlement gabonais est bicaméral (Assemblée nationale et Sénat). L’élection des Sénateurs aura lieu en novembre 2025, a annoncé le ministère gabonais de l’Intérieur.

A en croire l’Union, à veille du second tour des législatives, l’heure est aux derniers réglages. Sur tout le territoire, les vieilles affiches laissent place à des joutes plus silencieuses, parfois des arrangements officieux. Car si l’ambiance paraît moins électrique qu’au premier tour, nombre de duels conservent une intensité politique à peine dissimulée. C’est le cas dans le 3e arrondissement de Libreville où, Geoffroy Foumboula Libeka Makosso, 4e vice-président de l’Assemblée nationale de la Transition, tente un retour difficile face à Justin-Rodrigue Mbagangoye (UDB). En position défavorable, il espère un retournement de situation.

Dans le 4e arrondissement, Lucienne Awore Ogouwalanga (PDG), ex-3e vice-présidente de l’Assemblée nationale sous le régime d’Ali Bongo Ondimba, voit son avenir législatif sérieusement menacé par Lin Amable Aurélien Meyeket (UDB). Le duel entre Jean-Gaspard Ntoutoume Ayi (UN) et Pascal-Franck Nze Ndong (UDB) à Akanda illustre, comme dans d’autres circonscriptions, les tensions d’une transition politique encore fragile. L’UDB, bien qu’en position de force nationale, se voit contestée par d’autres forces du changement, notamment des figures issues de l’opposition historique.

À Owendo, le combat reste ouvert entre Hugues-Régis Mayombot (UDB) et l’ancienne mairesse Jeanne Mbagou (PDG). Tandis qu’à Moanda, Séverin Oswald Mayounou (PDG), ancien ministre sous le régime déchu, espère signer son retour au palais Léon-Mba face à Bertrand Rubens Matteya (UDB). Mais, c’est surtout à Lambaréné, dans le 1er arrondissement, que les regards convergent. Paul-Marie Gondjout (UDB), actuel ministre de la Communication, affronte Madeleine Berre (PDG) dans ce qui pourrait bien être un tournant historique. La confrontation, pimentée par les prises de parole de l’épouse de M. Gondjout, dépasse les simples querelles partisanes. Une victoire de l’UDB signerait un véritable basculement dans ce bastion du PDG.

Autre ministre en lice, Marcelle Ibinga-Itsitsa (UDB) vise son entrée à l’Assemblée nationale face à Bienvenu Mabika (PDG) au 1er arrondissement de Mouila dans la Ngounié.

À Ndolou, la situation est tout aussi inconfortable pour Jean-François Ndongou (PDG), président de l’Assemblée nationale de la Transition, qui doit ferrailler très dur pour contenir la fougue de son adversaire, Maryse Mariam Matsanga (UDB) décidée à faire mordre la poussière à l’ancien baron du régime déchu. À Tchibanga, Jean- Pierre Doukaga Kassa (UDB), donné favori, devra confirmer face à Aggée Mouroundzi Makaye (SDG). Dans la Basse-Banio, Tatiana Mireille Bouyou (UDB) a réussi à retenir la redoutable Angélique Ngoma (PDG), secrétaire générale du PDG.

Transparence et l’intégrité du vote

Même tension dans la Zadié, où le ministre de l’Enseignement supérieur, Désiré Simplice Mamboula (PDG), joue sa place contre Joël Emboni (RPM). Les scrutins de Koula-Moutou et de la Lombo-Bouenguidi seront scrutés de très près. Blaise Louembe (PDG) et Irène Lissenguet Ngoubo (PDG) y défendent leur siège contre une offensive bien organisée de l’UDB.

Le Secrétaire général du Parti Démocratique Gabonais (PDG, ancien parti au pouvoir), Angélique Ngoma, a, dans une déclaration tenue jeudi 02 octobre à Libreville, donné ses suggestions pour garantir la transparence et l’intégrité du vote durant le second tour des élections législatives prévu le 11 octobre prochain.

« La participation au second tour de nos candidats ne peut survenir que si les conditions de transparence, d’intégrité et d’équité sont rétablies et garanties. Il s’agit entre autres, de la désignation des membres impartiaux dans les commissions électorales et dans les bureaux de vote ; l’encadrement strict de la délivrance et de l’utilisation des procurations, conformément aux dispositions du code, à défaut de suspension pure et simple des procurations lors de ce scrutin du 11 octobre 2025 », a plaidé Mme Ngoma.

Le PDG demande également le libre accès des représentants des candidats dans les bureaux de vote tel que stipulé par la loi électorale et l’application, à l’encontre des auteurs des délits électoraux, des amendes et sanctions pénales prévues par la loi, suivant les recommandations de l’ACER.

 

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