
Le parquet de Libreville a requis, ce lundi, 20 ans de prison ferme et 100 millions de francs CFA d’amende contre Sylvia Bongo Ondimba et son fils Noureddin Bongo , jugés par contumace pour détournements massifs de fonds publics.
L’ancienne première dame et son fils, aujourd’hui en exil à Londres, refusent de comparaître, dénonçant un procès politique orchestré par le régime du général Brice Clotaire Oligui Nguema, arrivé au pouvoir après le renversement d’Ali Bongo en août 2023 et élu il y a quelques mois. Le parquet de Libreville a requis, ce lundi, 20 ans de prison ferme et 100 millions de francs CFA d’amende contre sylvia BOngo Odimba et son fils Noureddin Bongo , jugés par contumace pour détournements massifs de fonds publics.
A en croire Le Monde Afrique, les récits de certains coaccusés et témoins au cours des deux jours de procès ont révélé un système de captation de l’argent public « au profit d’intérêts privés », se chiffrant en milliards de francs CFA selon le réquisitoire du procureur général, Eddy Minang. Et à la barre certains d’entre eux ont dévoilé les sommes vertigineuses, en milliards de francs CFA, issues des caisses publiques et utilisées à titre privé.
Le président de la cour criminelle spécialisée, Jean Mexant Essa Assoumou, a suivi les réquisitions du ministère public et déclaré Sylvia Bongo, 62 ans, coupable de « recel et de détournement de fonds publics et de blanchiment de capitaux, usurpation de fonds et d’instigation au faux », et Noureddin Bongo, 33 ans, de « détournement de deniers publics, de concussion, d’usurpation des titres et de fonction, de blanchiment aggravé de capitaux et d’association de malfaiteurs ». Tous deux ont été condamnés à « vingt ans de réclusion criminelle et 100 millions de francs CFA d’amende », soit environ 152 000 euros.
Dans un réquisitoire virulent, le procureur général, Eddy Minang, a accusé le duo mère-fils d’avoir « travesti le pouvoir présidentiel » après l’AVC d’Ali Bongo en 2018, évoquant « un duo culturellement éloigné du pays, mais pécuniairement très proche ».
Il réclame la confiscation de tous leurs avoirs – comptes bancaires, hôtels particuliers, actifs miniers et pétroliers – ainsi que le remboursement de 4,4 milliards de francs CFA.
Selon lui, Sylvia Bongo aurait perçu 16 milliards de francs CFA du Trésor public pour ses « besoins personnels », soit environ 24 millions d’euros, tandis que des propriétés à Londres et Marrakech, des jets privés et des bijoux luxueux auraient été financés via un système de blanchiment.
Témoignages accablants
À la barre, Kim Oum, ex-assistant personnel de Sylvia Bongo, a décrit un train de vie somptuaire : trois à quatre millions de dollars d’achats annuels de robes, de bijoux et d’œuvres d’art, ainsi que le financement de cent véhicules pour la campagne présidentielle de 2023, pour un budget total estimé à 80 milliards de francs CFA.
Selon lui, « toutes les décisions finales relevaient de Noureddin », qui supervisait des transferts d’argent liquide vers Dubaï.
Un autre témoin, Jordan Camuset, s’est présenté comme un « homme à tout faire » du clan, confirmant l’existence d’un patrimoine considérable à l’étranger.
En exil, Noureddin Bongo affirme sur X avoir « tout donné sous la torture » et conteste la crédibilité de témoins qu’il dit avoir vus « battus » devant lui. Sa famille dénonce un procès expéditif, mené dans un climat politique tendu et sans garanties suffisantes pour la défense.