
Présent en force à l’Africa CEO Forum 2026 au Rwanda, le Gabon a profité de cette tribune continentale pour présenter sa stratégie de diversification économique. Mines, industrialisation, infrastructures, énergie et agriculture figurent au cœur du projet porté par le président Brice Clotaire Oligui Nguema.
Le Gabon a marqué les esprits lors de l’édition 2026 de l’Africa CEO Forum, organisée à Kigali, au Rwanda. Ce grand rendez-vous du secteur privé africain, coorganisé par le groupe Jeune Afrique et la Société financière internationale (IFC), a réuni plus de 2 800 participants, parmi lesquels plusieurs chefs d’État, investisseurs internationaux, dirigeants d’entreprises et décideurs économiques du continent.
Conduite par le président Brice Clotaire Oligui Nguema, la délégation gabonaise s’est illustrée à travers plusieurs interventions consacrées aux ambitions économiques du pays. Libreville a notamment présenté sa nouvelle stratégie de transformation structurelle, fondée sur la valorisation locale des ressources naturelles et l’accélération de l’industrialisation.
Au centre des discussions figurait le projet minier de Belinga, considéré par les autorités comme un levier majeur pour l’avenir économique du pays. Le chef de l’État gabonais a insisté sur la nécessité de développer des infrastructures lourdes pour accompagner l’exploitation du gigantesque gisement de fer. Le gouvernement prévoit notamment la construction d’une ligne ferroviaire de près de 500 kilomètres destinée à acheminer le minerai, ainsi qu’un port en eaux profondes dans la zone de Kobé-Kobé.
Les autorités gabonaises envisagent également la mise en place de deux barrages hydroélectriques afin d’alimenter les futures unités industrielles. L’objectif affiché est clair : transformer localement le minerai avant toute exportation et rompre progressivement avec le modèle économique basé sur l’exportation de matières premières brutes.

Cette volonté d’industrialisation s’étend à d’autres secteurs stratégiques. Le gouvernement a déjà annoncé l’interdiction de l’exportation du manganèse brut à partir de 2029, dans le but de favoriser l’émergence d’industries de transformation sur le territoire national. Dans le secteur agricole, Libreville prévoit également de mettre fin aux importations de poulet dès 2027 afin de stimuler la production locale et renforcer la souveraineté alimentaire.
Pour soutenir cette vaste politique de modernisation, le Gabon mise sur un important programme d’investissements publics et privés. La ministre de la Planification et de la Prospective, Louise Pierrette Mvono, a révélé que le plan national de croissance et de développement pour les cinq prochaines années représente un volume global de 27 000 milliards de francs CFA. Une partie du financement devrait provenir des ressources propres de l’État, tandis que le reste sera mobilisé auprès d’investisseurs privés et de partenaires financiers internationaux.
Le pays entend également accélérer le développement du gaz naturel liquéfié dans une logique de diversification économique. Cette orientation vise à réduire progressivement la dépendance historique du Gabon aux revenus pétroliers, tout en valorisant de nouvelles sources de croissance.
À travers sa participation à l’Africa CEO Forum, le Gabon cherche ainsi à rassurer les investisseurs sur sa volonté de transformation économique et à promouvoir une nouvelle image tournée vers l’industrialisation, la création de valeur locale et le développement des infrastructures stratégiques.