Gabon : Oligui Nguema compte sur Paris pour rapatrier les fonds de l’ancien régime

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Le président de transition du Gabon, Oligui Nguema, compte sur l’aide de la France pour rapatrier les fonds de l’ancien régime. Cette démarche s’inscrit dans la volonté de la nouvelle junte de reconstruire l’État gabonais, présenté comme en faillite à cause de la mauvaise gestion sous le régime précédent.

En marge de la visite officielle du président français Emmanuel Macron à Libreville, le chef de l’État gabonais, Brice Oligui Nguema, a tenu un discours particulièrement ferme sur l’héritage économique laissé par l’ancien régime. Évoquant le lourd passif financier attribué à Ali Bongo Ondimba et à certains membres de sa famille, il a appelé la France à renforcer la coopération judiciaire afin de permettre l’exécution des décisions de justice et le recouvrement des avoirs publics présumés détournés. Une démarche inscrite dans la volonté de restaurer la confiance dans la gouvernance publique.

Lors de la visite d’État d’Emmanuel Macron, entamée dimanche 23 novembre à Libreville, le général Brice Oligui Nguema a profité de sa prise de parole pour dénoncer sans détour la gestion financière de son prédécesseur. Le chef de l’État a évoqué ce qu’il qualifie de « passif abyssal », ainsi que la présence d’Ali Bongo Ondimba au Royaume-Uni, présentée comme une « fuite à Londres », tout en appelant à une coopération judiciaire renforcée.

S’adressant directement à son homologue français, Brice Oligui Nguema a déclaré : « Cher Emmanuel, mon gouvernement a hérité d’une dette abyssale, fruit d’une gestion irresponsable et opaque, tout cela orchestré par Ali Bongo Ondimba, son épouse Sylvia et son fils Noureddin, aujourd’hui en fuite à Londres et refusant de se présenter devant les tribunaux de notre pays. »

 Coopération judiciaire

A en croire gabonreview, cette intervention, prononcée devant un partenaire historique du Gabon, intervient dans un contexte marqué par la volonté des nouvelles autorités de Libreville de clarifier les responsabilités économiques et judiciaires laissées par l’ancien régime. Elle constitue également un signal diplomatique fort, compte tenu des liens étroits entretenus pendant des décennies entre Paris et la famille Bongo.

Face au président français, Brice Oligui Nguema a formulé une requête explicite, insistant sur le rôle que pourrait jouer la France dans le processus de recouvrement des avoirs publics : « Nous comptons sur la coopération judiciaire entre nos deux États pour que les décisions de justice soient exécutées et que les avoirs détournés soient restitués au peuple gabonais. »

Cette demande suggère une mobilisation accrue des dispositifs bilatéraux et, potentiellement, l’implication d’autres partenaires européens. La France, disposant de mécanismes de coopération déjà actifs avec le Gabon et entretenant des liens institutionnels privilégiés avec le Royaume-Uni, apparaît comme un acteur clé dans ce dossier complexe.

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