
Au Gabon, l’actualité de janvier 2026 est marquée par l’adaptation du cadre juridique de la Cour constitutionnelle aux exigences de la nouvelle Constitution de la Ve République. Lors de l’audience solennelle de rentrée du 15 janvier 2026, la Cour a annoncé le chantier de l’adaptation de sa loi organique pour s’aligner sur les dispositions de la nouvelle Constitution adoptée par référendum fin 2024.
Le cycle institutionnel de la transition a officiellement pris fin le 31 décembre 2025. Les membres de la nouvelle Cour constitutionnelle ont prêté serment le 30 décembre 2025, marquant le passage à un ordre constitutionnel définitif. Dans les mois et les années à venir, la haute juridiction entend lancer plusieurs chantiers dont le premier sera cette révision : une étape importante dans la redéfinition du rôle de la haute juridiction à l’ère de la nouvelle Constitution.
Ce 15 janvier, le président de la Cour constitutionnelle , Dieudonné Aba’a Owono, a posé un diagnostic sans détour sur la place et la responsabilité de la haute juridiction dans l’architecture institutionnelle gabonaise.
Affirmant que la Cour « ne gouverne pas » et « ne légifère pas », tout en revendiquant sa fonction régulatrice, il a posé la question des frontières réelles de cette régulation. La volonté affichée est de préciser ses modalités d’exercice, définir les instruments juridiques et les limites de cette régulation. Pour le président, ces textes ne peuvent plus demeurer inchangés face à une nouvelle Constitution qui redéfinit les équilibres, les compétences et les attentes démocratiques. Les adapter devient une exigence de cohérence juridique et de crédibilité institutionnelle.
A en croire l’Union, face à une expérience passée marquée par des décisions parfois contestées et une confiance citoyenne fragile, l’enjeu est de donner un cadre normatif clair à la régulation constitutionnelle. Ce, d’autant plus que, souligne Dieudonné Aba’a Owono, « une régulation efficace est une régulation encadrée, transparente et prévisible ». Longtemps accusée d’adopter une position d’assurance- vie du régime, à travers cette réforme la Cour entend affirmer son rôle de garant de l’équilibre des pouvoirs, se positionnant comme un acteur de stabilisation.
La crédibilité de cette refondation dépendra d’ailleurs moins des intentions proclamées que de la manière dont les nouvelles règles limiteront effectivement la marge d’interprétation et renforceront l’exigence de motivation juridique.