Comment le Gabon compte réduire sa dépendance aux importations de poulets

Le Gabon souhaite développer sa production locale de poulet afin de limiter sa dépendance extérieure et renforcer sa souveraineté alimentaire.

Selon les statistiques très fiables, le Gabon dépend massivement des importations de poulet de chair (≈ 55 000 tonnes/an entre 2020 et 2024), alors que la production locale reste faible (≈ 4 000 tonnes/an), issue principalement de pondeuses de réforme. Cette situation cause des sorties massives de devises, affaiblit l’économie locale et limite la création d’emplois agricoles. Le pays veut inverser cette tendance, en s’appuyant sur le Pilier 5 du PSNE 2025–2032 : Économie et Développement Durable.

Le Gabon a autrefois entrepris des initiatives de production de masse de poulet de chair avec  Création  en 1977 de  la société industrielle d’agriculture et d’élevage de Boumango ( SIAEB) qui avait pour objectif la production annuelle de 2 millions de poulets de chair au départ et une croissance de la production assez forte pour résorber les importations de poulet.

Ce 26 mars 2026, le ministre de l’Agriculture et son collègue du Commerce ont, lors d’une conférence de presse, lancé un recrutement de 150 fermiers locaux qui bénéficieront d’un financement public pour renforcer la production locale de poulet, la viande la plus consommée dans le pays.  Le défi est de taille : selon des données officielles, seulement 5% des poulets consommés au Gabon sont produits localement. Et pourtant, les Gabonais consomment 100 000 tonnes de poulets par an.

Le ministre de l’Agriculture, Pacôme Kossy, énumère les avantages prévus pour les 150 premiers fermiers qui seront recrutés : « Au premier point, c’est l’extension des fermes sur le plan de la terre, mais aussi de bâtiments. Le deuxième point, c’est l’intrant, les poussins, l’aliment pour la volaille et le bétail. Le troisième point, c’est l’accompagnement en termes de formation, en termes de gestion d’affaires. »

Plus d’un milliard d’euros d’importations

Le Gabon a délaissé son élevage et son agriculture dès les années 1980. À cette époque, le pays se finançait en grande partie grâce à l’argent du pétrole. Libreville s’était alors lancé dans l’importation massive des produits alimentaires.

Des importations qui se poursuivent encore, rappelle Zenaba Gniga Chaning, ministre du Commerce : « On parle de 70 000 milliards, voire 80 000 milliards de francs CFA [entre 1,06 et 1,22 milliard d’euros, NDLR]. Si nos entrepreneurs avicoles arrivent à avoir même la moitié seulement de ce chiffre d’affaires par an, c’est énorme. »

Le Gabon accuse un manque criant d’aliments pour la production de viande. « Nous encouragerons la culture de maïs et de soja pour rendre le poulet local moins cher », a assuré le ministre de l’Agriculture.

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