Gabon : pourquoi la création d’une Agence nationale de recouvrement des avoirs criminels

Les parquetiers du ressort de la Cour d’Appel Judiciaire de Libreville prennent part du vendredi 03 au samedi 04 avril 2026 à l’Ecole Nationale de la Magistrature, à la deuxième conférence consacrée aux parquetiers du ressort, sous le thème : « Le recouvrement des avoirs criminels ». 

En ouvrant les travaux de la Conférence, le Membre du Gouvernement a tenu à saluer l’initiative qui participe d’une dynamique essentielle : le renforcement continu des capacités des Magistrats du Ministère Public en vue de rendre la réponse pénale plus efficace, plus lisible et plus dissuasive. Dans un contexte marqué par la sophistication croissante de la criminalité économique et financière, la sanction pénale ne trouve toute sa portée que lorsqu’elle atteint le produit du crime, a-t-il précisé.

L’organisation à Libreville de la deuxième conférence des parquetiers du ressort de la Cour d’Appel Judiciaire de Libreville, s’inscrit pleinement dans la vision du président de la République, Chef de l’Etat, Chef du Gouvernement, Brice Clotaire Oligui Nguéma, qui a fait de la consolidation de l’Etat de droit, de la lutte contre la corruption et de la moralisation de la vie publique des priorités majeures de son action, a rappelé Monsieur le Ministre.

En effet, la création d’une Agence nationale de recouvrement des avoirs criminels au Gabon vise à intensifier la lutte contre la délinquance financière et la corruption, en identifiant, saisissant et confisquant les produits issus d’activités illicites. Cette structure permet de renforcer la justice, lutter contre l’impunité, et restituer les biens détournés à l’État.

Objectifs principaux de la création de l’Agence :

Lutte contre la délinquance financière : L’agence a pour but de traquer les fonds illicites et les avoirs mal acquis, qu’ils soient situés sur le territoire national ou à l’étranger.

Renforcement du cadre juridique : Elle vise à doter les magistrats d’outils opérationnels performants, s’inscrivant dans une volonté de consolider l’État de droit.

Efficacité des poursuites pénales : Il ne suffit plus de condamner, il est désormais crucial de conduire l’action pénale jusqu’au recouvrement effectif des produits du crime, pour que « le crime ne paye plus ».

Renforcement des organes existants : Cette agence s’ajoute aux dispositifs de la Commission Nationale de Lutte contre la Non-Confiscation (CNLCEI) et de l’Agence Nationale d’Investigation Financière (ANIF), dont les missions ont été renforcées pour une meilleure efficacité opérationnelle. 

Cette initiative s’inscrit dans un contexte où le Gabon cherche à assainir ses finances publiques, notamment en récupérant des créances fiscales importantes et en luttant contre la criminalité économique.

Renforcer les pouvoirs du parquet

Au-delà de la création d’une agence spécialisée, les participants ont plaidé pour un élargissement significatif du champ d’action du procureur de la République. L’objectif est de lui accorder tous les leviers nécessaires pour mener des enquêtes approfondies sur les avoirs illicites.

Comme le rapporte l’AGP, l’harmonisation des textes nationaux avec les standards internationaux est également une priorité. Il s’agit d’aligner le droit gabonais sur les recommandations du Groupe d’action financière (GAFI) et du GABAC (Afrique centrale) afin de lutter plus efficacement contre le blanchiment d’argent.

Un engagement vers la mise en œuvre

A en croire Gabon Media Time, le rapporteur de la conférence, Roger Darnel Nguema Ondo, a précisé que les échanges ont permis de passer en revue le cadre juridique actuel et d’identifier les freins au recouvrement effectif des biens. Face à ces constats, le Secrétaire général de la Chancellerie s’est montré résolu. « Ces recommandations feront l’objet d’une mise en œuvre progressive », a assuré Jacques Lebama, saluant la qualité de ce partage d’expériences.

En clôturant cette édition, les autorités judiciaires posent les jalons d’une gouvernance plus agile et répressive face à la criminalité économique. Le rendez-vous est déjà pris pour une troisième édition qui devra évaluer les progrès de cette réforme majeure.

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