
En tournée dans le Woleu-Ntem, la Première dame du Gabon, Zita Oligui Nguéma, a annoncé la création d’un fonds d’appui destiné à financer les microprojets portés par les femmes. Le dispositif entend répondre aux difficultés d’accès au financement qui freinent de nombreuses initiatives économiques en milieu rural, alors que les populations sollicitent également des réponses sur les infrastructures, l’agriculture et les dégâts causés par la faune sauvage.
Le financement des initiatives féminines s’installe progressivement au cœur des actions sociales et économiques portées par la Première dame gabonaise. En déplacement dans la province du Woleu-Ntem, dans le nord du pays, Zita Oligui Nguéma a annoncé la mise en place d’un nouveau mécanisme destiné à soutenir les femmes porteuses de microprojets.
L’annonce a été faite à Bissok-Centre, première étape d’une tournée qui doit conduire la Première dame dans les cinq départements de cette province. Devant les populations, elle a présenté ce fonds comme un instrument destiné à donner un coup d’accélérateur aux initiatives économiques féminines qui peinent à franchir le cap du démarrage ou du développement.
Le dispositif vise notamment les femmes qui disposent déjà d’une idée ou d’un projet, mais qui ne disposent pas des moyens financiers nécessaires pour le concrétiser. Au-delà du simple apport financier, l’enjeu est donc de permettre à ces initiatives de passer du stade de projet à celui d’activité effectivement opérationnelle.
Des besoins qui dépassent le financement
À Bissok-Centre, les échanges ont toutefois montré que les difficultés rencontrées par les femmes rurales ne se limitent pas à l’accès au crédit ou aux financements. Les représentantes locales ont également mis en avant plusieurs contraintes qui affectent directement leurs activités quotidiennes.
Paulette Angwé, porte-parole des femmes de la localité, a notamment évoqué l’état de la route, qui complique les déplacements et l’écoulement des productions agricoles. Elle a également alerté sur les dégâts provoqués par les éléphants dans les plantations, un problème susceptible de fragiliser les revenus des exploitantes agricoles et, plus largement, l’économie des ménages ruraux.
Les femmes ont ainsi plaidé pour un accompagnement plus large, intégrant le financement des activités génératrices de revenus, mais aussi le soutien aux initiatives communautaires. Derrière cette demande se trouve une préoccupation centrale : disposer de sources de revenus suffisamment solides pour renforcer leur autonomie économique et leur capacité à participer au développement de leurs communautés.
La question du financement apparaît donc indissociable de celle de l’environnement dans lequel les projets doivent fonctionner. Une activité agricole ou commerciale peut difficilement se développer lorsque l’accès aux marchés est rendu difficile par l’état des infrastructures ou lorsque les productions sont régulièrement exposées aux destructions.
Une démarche déjà engagée avec TRANSFERT
Cette nouvelle annonce s’inscrit dans la continuité d’autres initiatives consacrées à l’accompagnement économique des femmes et des jeunes. En août dernier, à Makokou, dans la province de l’Ogooué-Ivindo, Zita Oligui Nguéma avait lancé le programme TRANSFERT 2026-2031, porté par la Fondation Ma Bannière.
Le programme repose sur une logique d’accompagnement qui ne se limite pas à l’octroi d’un financement. Il prévoit notamment d’aider les bénéficiaires à mieux structurer leurs projets, à rechercher des financements et à bénéficier d’un suivi dans la mise en œuvre de leurs activités.
Pour sa première phase dans l’Ogooué-Ivindo, quinze bénéficiaires avaient été retenus, parmi lesquels dix femmes porteuses de projets et cinq jeunes. Cette expérience constitue un précédent pour le nouveau mécanisme annoncé dans le Woleu-Ntem, même si les modalités précises du fonds, notamment son enveloppe, les critères d’éligibilité et les conditions d’accès, devront encore être précisées.
L’autonomisation économique au cœur des attentes
La tournée dans le Woleu-Ntem intervient ainsi dans un contexte où les populations rurales expriment des attentes multiples. Après Bissok-Centre, la délégation s’est rendue jusqu’au village de Mbam-Assema, dans le canton Ellelem, avant la poursuite de la tournée dans les autres localités de la province.
À travers les échanges avec les populations, plusieurs préoccupations se dégagent : accès au financement, développement des activités agricoles, amélioration des infrastructures et renforcement des revenus des ménages.
Pour les femmes, l’enjeu est particulièrement important. Dans de nombreuses localités rurales, elles occupent une place centrale dans les activités agricoles, commerciales et de transformation, mais l’absence de capitaux suffisants limite souvent la capacité de leurs initiatives à changer d’échelle.
Le fonds annoncé par la Première dame entend précisément intervenir sur cette difficulté. Sa portée dépendra toutefois de sa capacité à atteindre effectivement les porteuses de projets, mais aussi de l’accompagnement qui sera proposé autour des financements.
Dans le Woleu-Ntem, l’enjeu ne sera donc pas seulement de financer des microprojets. Il s’agira également de créer les conditions permettant à ces activités de survivre, de générer des revenus et, à terme, de contribuer davantage à l’autonomisation économique des femmes dans les zones rurales.