Guinée : Afriland First Bank au cœur d’un emprunt obligataire de 2 500 milliards de GNF

La Guinée sollicite une nouvelle fois son marché financier domestique pour financer ses ambitions de développement. Lancé le 25 septembre à Conakry, l’emprunt obligataire 2026 vise à mobiliser 2 500 milliards de francs guinéens, contre 1 500 milliards un an plus tôt. Au cœur de cette opération, Afriland First Bank Guinée est reconduite pour la troisième année consécutive comme arrangeur, conseil et chef de file. Une position qui confirme le rôle croissant de la banque dans la mobilisation de l’épargne nationale et le financement des grands projets du pays, notamment ceux associés à la vision Simandou 2040.

Le gouvernement guinéen veut accélérer la mobilisation de ressources locales. Ouvert du 25 septembre au 23 octobre 2026, l’emprunt obligataire par appel public à l’épargne porte sur un objectif de 2 500 milliards de GNF, soit une progression de près de 67 % par rapport aux 1 500 milliards levés en 2025. L’opération est structurée sur une maturité de cinq ans, avec des obligations d’une valeur nominale de 5 millions de GNF et un taux d’intérêt annuel de 11 %.

Le dispositif s’inscrit dans la stratégie de financement intérieur de l’État. L’objectif est de diversifier les sources de financement, de mobiliser davantage l’épargne disponible en Guinée et d’approfondir un marché financier encore appelé à gagner en profondeur et en liquidité.

Les ressources recherchées doivent notamment contribuer au financement des infrastructures et des transports, de l’agriculture et de l’agro-industrie, de l’énergie, de l’éducation, de la santé et du développement social. Elles s’inscrivent plus largement dans les ambitions du programme Simandou 2040, qui place les infrastructures et la transformation économique au cœur de la stratégie de développement du pays.

Afriland First Bank, un mandat renouvelé pour la troisième fois

Dans cette opération de grande ampleur, Afriland First Bank Guinée occupe une position centrale. La banque est chargée des fonctions d’arrangeur, de conseil et de chef de file, pour la troisième année consécutive.

Cette reconduction constitue un indicateur important de la place prise par l’établissement dans le dispositif de mobilisation des ressources souveraines en Guinée. Depuis 2015, Afriland First Bank accompagne en effet les opérations d’appel public à l’épargne de l’État guinéen. Selon les chiffres communiqués par son administrateur général, plus de 6 300 milliards de GNF auraient été mobilisés sur le marché local à travers différentes émissions obligataires.

Le mandat confié à Afriland intervient par ailleurs dans un environnement où le montant recherché par l’État franchit un nouveau palier. Pour Guy Laurent Fondjo, administrateur général d’Afriland First Bank Guinée, cette hausse de 1 500 à 2 500 milliards de GNF traduit à la fois l’augmentation des besoins de financement et la confiance accordée au marché domestique.

La banque est accompagnée par un syndicat de placement réunissant plusieurs établissements de la place, dont Ecobank, BCI, Vista Gui, AFG Bank et Skybank. L’opération repose ainsi sur une mobilisation collective du secteur financier guinéen autour d’un même objectif : canaliser l’épargne vers le financement des investissements publics.

Guy Laurent Fondjo met en avant le financement domestique

À l’occasion du lancement, L’administrateur général de Afriland First Bank Guinée, le Dr Guy Laurent Fondjo a insisté sur la portée stratégique de cette opération pour l’économie guinéenne. Pour l’administrateur général, le recours accru à l’épargne nationale doit permettre au pays de renforcer sa capacité à financer ses investissements tout en réduisant son exposition aux contraintes associées aux ressources extérieures.

Cette logique est particulièrement importante pour les projets nécessitant des financements de long terme, comme les infrastructures de transport, l’énergie, la santé ou encore l’éducation. Le financement domestique permet également de créer un lien plus direct entre l’épargne mobilisée auprès des acteurs économiques et les investissements réalisés par l’État.

 Dans son intervention, le dirigeant d’Afriland First Bank a également replacé l’opération dans la trajectoire engagée depuis 2015. La banque entend ainsi capitaliser sur près d’une décennie d’expérience dans les opérations de mobilisation de l’épargne publique en Guinée.

 “Depuis dix ans, notre institution a accompagné, structuré et sécurisé chacune des grandes opérations de mobilisation de l’épargne nationale au service du développement de la Guinée. Cette expertise ne s’est pas décrétée : elle s’est construite, émission après émission, par la rigueur de nos équipes techniques, la solidité de notre méthodologie de syndication, et un engagement sans faille auprès de l’État, de la Banque Centrale de la République de Guinée et de l’ensemble des acteurs du marché financier national. À chaque édition, les objectifs fixés ont été atteints, et souvent dépassés ; à chaque échéance, les investisseurs ont été honorés dans les délais et les conditions annoncés. C’est cette constance — cette fidélité aux engagements pris — qui a fait d’Afriland First Bank Guinée un partenaire de confiance pour l’État guinéen, et qui explique le renouvellement, pour la troisième année consécutive, du mandat d’Arrangeur et de Chef de File qui nous est confié aujourd’hui”, a -il expliqué.

La BCRG accompagne le dispositif

La Banque centrale de la République de Guinée (BCRG) est également associée au processus. Son gouverneur, Karamo Kaba, a salué le lancement de cette nouvelle opération et indiqué que la banque centrale entend jouer son rôle dans son accompagnement.

“Dans ce contexte mondial de plus en plus exigeant, la raréfaction des ressources impose une plus grande sélectivité, de la transparence et une discipline accrue dans les choix de financement des projets d’avenir.

C’est précisément cette discipline qui est mise au cœur de notre démarche en Guinée. En effet, choisir davantage une priorité signifie plus souvent renoncer à une autre. Nous devons donc canaliser l’épargne vers les investissements qui créent de la valeur et améliorent concrètement le quotidien de nos populations, plutôt que vers des dépenses peu productives.

L’Appel Public à l’Épargne que nous lançons aujourd’hui a pour objectif de mobiliser des ressources nationales en monnaie locale et de les transformer en projets structurants.  Il s’agit d’une solution d’épargne pensée pour être utile à la Nation et attractive pour les investisseurs, dans un cadre de sécurité et de gouvernance”, a-t-il souligné.

La présence de la BCRG constitue donc un élément important dans le fonctionnement du marché financier et dans le suivi de l’opération. Elle intervient alors que les autorités cherchent à renforcer la confiance des investisseurs et à installer progressivement une pratique régulière de recours de l’État au marché domestique.

Le développement de ce marché doit notamment permettre de construire progressivement une référence pour les taux d’intérêt et de créer des conditions plus favorables au financement futur des entreprises. Dans son intervention, la Direction générale des financements souligne d’ailleurs l’ambition de faire émerger une courbe de taux de référence susceptible de servir également au secteur privé.

Une épargne nationale appelée à financer Simandou 2040

Derrière les 2 500 milliards de GNF recherchés se joue donc un enjeu plus large : la capacité de la Guinée à transformer son épargne intérieure en levier de financement du développement.

Les autorités guinéennes mettent en avant une économie portée par les grands projets miniers et notamment par Simandou. Les projections officielles citées lors du lancement tablent sur une croissance de 7,2 % en 2026, avec une accélération attendue sur la période 2027-2030 sous l’effet notamment de l’entrée en production de Simandou.

Dans ce contexte, l’enjeu ne consiste plus uniquement à attirer des capitaux étrangers. Il s’agit également de faire participer davantage les banques, les assureurs, les entreprises, les particuliers et la diaspora au financement de l’économie nationale.

Les conditions de l’émission ont été conçues dans cette logique : le ticket d’entrée fixé à 5 millions de GNF permet aux personnes physiques comme aux entreprises et investisseurs institutionnels de participer à l’opération. Le rendement annoncé est de 11 % par an sur cinq ans.

Afriland First Bank renforce son positionnement en Guinée

Pour Afriland First Bank, cette nouvelle opération dépasse donc le simple cadre d’un mandat financier. Elle renforce le positionnement de sa filiale guinéenne comme interlocuteur des pouvoirs publics dans la mobilisation de ressources destinées au financement du développement.

Le renouvellement du mandat pour la troisième année consécutive intervient surtout à un moment où les besoins de financement augmentent et où la Guinée cherche à donner davantage de profondeur à son marché domestique.

En accompagnant l’État dans cette nouvelle levée de 2 500 milliards de GNF, Afriland First Bank se retrouve ainsi au cœur d’un mécanisme qui relie trois dimensions : la mobilisation de l’épargne nationale, le développement du marché financier guinéen et le financement des investissements publics.

Pour la banque, le défi est désormais de transformer la confiance renouvelée des autorités en capacité effective de mobilisation. Pour la Guinée, l’enjeu est de réussir cette opération tout en consolidant, émission après émission, un marché financier capable de soutenir durablement les ambitions de développement portées par Simandou 2040.

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