
Reçu le 2 octobre 2026 par le président Brice Clotaire Oligui Nguema, l’ambassadeur d’Italie au Gabon, Stefano Moscatelli, a échangé sur les prochaines étapes du rapprochement entre Libreville et Rome. La préparation de la Semaine Gabono-Italienne, prévue du 16 au 20 novembre à Libreville, devrait servir de vitrine aux opportunités d’affaires, de formation et de transfert de compétences. En toile de fond, le Gabon entend tirer davantage parti de son intégration au Plan Mattei pour l’Afrique.
La coopération entre le Gabon et l’Italie pourrait prendre une dimension davantage économique dans les prochains mois. Lors de son entretien avec Stefano Moscatelli, ambassadeur d’Italie au Gabon depuis octobre 2023, le président Brice Clotaire Oligui Nguema a passé en revue plusieurs pistes destinées à renforcer les relations entre les deux pays. Au centre des échanges figure notamment la Semaine Gabono-Italienne, programmée du 16 au 20 novembre 2026 à Libreville.
L’événement devrait réunir différents acteurs des deux pays autour de secteurs comme l’économie, la culture, l’entrepreneuriat et la formation. Pour Libreville, l’enjeu dépasse donc le cadre protocolaire. Il s’agit de créer un espace permettant aux entreprises gabonaises et italiennes d’identifier des intérêts communs et de faire émerger de nouveaux partenariats.
Transformer les échanges en opportunités. La rencontre de novembre intervient alors que les autorités gabonaises cherchent à attirer davantage de capitaux privés et à renforcer les compétences disponibles dans le pays. Dans cette perspective, la coopération avec l’Italie pourrait concerner plusieurs dimensions : investissements productifs, accompagnement des entreprises, formation professionnelle, transfert de technologies et développement de nouvelles compétences.
L’objectif est également de favoriser des projets susceptibles de contribuer à l’emploi et à l’insertion économique des jeunes. La Semaine Gabono-Italienne pourrait ainsi servir de plateforme de mise en relation entre investisseurs, entrepreneurs, institutions de formation et acteurs publics.
Le Plan Mattei change la donne
Autre sujet important abordé lors de l’audience : la participation du Gabon au Plan Mattei pour l’Afrique, l’initiative italienne destinée à renforcer les partenariats économiques et le développement avec plusieurs pays africains. L’intégration du Gabon à ce dispositif ouvre des perspectives dans différents domaines considérés comme stratégiques, notamment les infrastructures, l’énergie, l’agriculture et la formation.
Le dispositif italien a par ailleurs pris de l’ampleur. Au 30 juin 2026, il concernait 18 pays partenaires et regroupait des projets approuvés représentant environ un milliard d’euros. Pour le Gabon, la prochaine étape consiste désormais à identifier les projets susceptibles de bénéficier de ce cadre et à déterminer les mécanismes permettant de transformer cette intégration en réalisations concrètes.
Agriculture, énergie et compétences en ligne de mire
Les secteurs susceptibles de bénéficier de cette coopération sont nombreux. L’agriculture constitue notamment un domaine où les investissements, les équipements, la formation et le transfert de savoir-faire peuvent contribuer à renforcer les capacités productives. L’énergie et les infrastructures représentent également des secteurs stratégiques pour un pays qui cherche à consolider ses bases économiques et à améliorer son attractivité.
La formation occupe, elle aussi, une place importante. Pour le Gabon, l’enjeu ne consiste pas seulement à attirer des investisseurs, mais également à renforcer les compétences locales afin que les retombées des nouveaux projets bénéficient durablement à l’économie nationale. Cette dimension du transfert de compétences pourrait constituer l’un des points importants des discussions entre opérateurs gabonais et italiens.
La diplomatie économique comme outil de transformation
Le rapprochement avec Rome s’inscrit dans une orientation plus large des autorités gabonaises, qui souhaitent donner davantage de poids à la diplomatie économique. Le Plan national de croissance et de développement 2026-2030 accorde notamment une place importante à la diversification de l’économie, aux infrastructures et au développement du capital humain.
Dans ce contexte, les partenariats internationaux sont appelés à contribuer à la mobilisation des investissements et au développement de nouvelles filières économiques. La relation avec l’Italie constitue l’un des cadres dans lesquels cette stratégie peut être mise en œuvre.
Novembre comme premier test
La Semaine Gabono-Italienne de novembre sera donc particulièrement suivie. Au-delà des rencontres et des échanges institutionnels, son intérêt se mesurera surtout à la capacité des participants à faire émerger des projets précis.
Pour Libreville, les indicateurs seront concrets : nouveaux investissements, accords entre entreprises, programmes de formation, transferts de technologies et création d’emplois.
Pour Rome, cette séquence permettra également de donner un contenu opérationnel à son partenariat avec le Gabon dans le cadre du Plan Mattei.
La dynamique gabono-italienne entre ainsi dans une phase où la qualité du dialogue diplomatique devra progressivement se traduire par des réalisations économiques visibles sur le terrain.