Gabon : plus de 4 000 visiteurs aux Journées de l’habitat, 2 500 demandes enregistrées

Les Journées portes ouvertes de l’habitat, organisées du 29 au 31 octobre 2026 à Libreville, ont suscité un important engouement populaire. Plus de 4 000 personnes ont été accueillies et plus de 2 500 fiches de demande ont été retirées auprès des opérateurs immobiliers et financiers présents. Une mobilisation qui témoigne des fortes attentes des Gabonais en matière d’accès à la propriété foncière et au logement.

L’accès à un terrain constructible ou à un logement décent demeure une préoccupation majeure pour de nombreux ménages gabonais. L’affluence observée lors des Journées portes ouvertes de l’habitat, organisées du jeudi 29 au samedi 31 octobre 2026 sur l’esplanade de la Maison Brice-Clotaire-Oligui-Nguema, siège de Gabon 24, en apporte une nouvelle illustration.

Pendant trois jours, des milliers de visiteurs, parmi lesquels des hommes, des femmes et de nombreux jeunes, ont investi les différents stands pour découvrir les offres immobilières, s’informer sur les procédures foncières et explorer les possibilités de financement. Au total, plus de 4 000 personnes ont été reçues et plus de 2 500 fiches ont été retirées, selon Ismaël Makanga, membre du comité d’organisation et conseiller technique du ministre de l’Habitat.

L’événement a réuni plusieurs acteurs du secteur, notamment PH Immo, BGFI Bank, Orabank, Urban Life, C.I.T.P, Addoha Gabon, la Société nationale immobilière (SNI) et Sidi Immo. Promoteurs, aménageurs et établissements bancaires ont ainsi pu présenter directement leurs prestations aux potentiels acquéreurs, sans passer par des intermédiaires.

Plus de 2 500 demandes pour des terrains et des logements

Les fiches distribuées avaient pour objectif de mieux cerner les besoins des populations, qu’il s’agisse de l’acquisition d’une parcelle de 500 m² ou d’un logement de type F3 ou F4. Cette collecte d’informations doit permettre aux administrations et aux partenaires financiers d’identifier les demandes et de rechercher des solutions adaptées.

Pour les organisateurs, l’enjeu ne se limitait donc pas à une simple exposition commerciale. Il s’agissait de rapprocher les demandeurs des opérateurs immobiliers, de faciliter les échanges et de donner davantage de visibilité aux offres disponibles sur le marché.

La prochaine étape consistera à exploiter les fiches recueillies à travers une concertation entre les administrations concernées et les établissements bancaires. L’objectif sera de transformer cet intérêt manifesté par les visiteurs en projets immobiliers concrets, avec des dossiers instruits et des acquisitions effectivement réalisées.

16 000 titres fonciers et 3 100 logements annoncés

À l’ouverture des travaux, le vice-président de la République, Alexandre Barro Chambrier, a rappelé les principales orientations des pouvoirs publics en matière de politique de l’habitat. Celles-ci reposent notamment sur la sécurisation des droits fonciers, l’augmentation de l’offre immobilière et l’amélioration des conditions d’accès à la propriété.

Il a notamment évoqué la production de 16 000 titres fonciers en dix mois, ainsi que le lancement de 3 100 logements dans les zones de Bikélé, Ntoum et Essassa.

Ces réalisations et projets s’inscrivent dans une volonté affichée d’accroître les possibilités d’accès au logement, notamment pour les catégories de population disposant de revenus modestes.

Le vice-président a ainsi insisté sur la nécessité de développer une offre immobilière plus importante, tout en veillant à la qualité des constructions et à leur accessibilité financière. Une orientation qui place la question du pouvoir d’achat au centre de la politique nationale de l’habitat.

Le financement, principal obstacle à l’accession à la propriété

Au-delà de la disponibilité des terrains et des logements, le coût du financement demeure l’une des principales difficultés rencontrées par les ménages. Le ministre de l’Habitat, Mays Mouissi, a particulièrement attiré l’attention des établissements bancaires sur cette problématique.

Il les a invités à développer des crédits immobiliers sur des durées plus longues et à adopter des méthodes d’évaluation des revenus tenant davantage compte de la situation réelle des emprunteurs. Les primes professionnelles et les revenus locatifs devraient notamment être mieux considérés dans l’analyse de la capacité de remboursement.

Les compagnies d’assurance et les caisses de retraite ont également été appelées à accroître leur participation au financement du secteur immobilier.

Le ministre estime par ailleurs que l’État doit intervenir en faveur des ménages les plus vulnérables afin de rendre possible leur accès à des logements de qualité. « Le logement n’est pas social, c’est l’offre qui est sociale », a-t-il expliqué, défendant une approche qui privilégie la qualité des constructions tout en adaptant les prix aux capacités financières des bénéficiaires.

Des offres immobilières et des conditions de crédit présentées au public

Les échanges avec les opérateurs ont permis aux visiteurs de découvrir plusieurs propositions commerciales. Du côté bancaire, Orabank a notamment présenté une offre de crédit immobilier assortie d’un taux d’intérêt compris entre 8,5 % et 11 %, pour une durée maximale de 15 ans.

Le montant des remboursements doit être adapté aux revenus de l’emprunteur, avec un prélèvement indicatif d’environ 33 % de ses ressources. La domiciliation du salaire auprès de la banque figure également parmi les conditions annoncées.

Ces modalités ont néanmoins ouvert la voie à des discussions sur la nécessité d’assouplir les conditions d’accès au crédit, afin de permettre à un plus grand nombre de ménages de financer leurs projets.

Dans le domaine foncier, PH Immo a présenté, au cours d’une masterclass organisée en marge de l’événement, une offre de parcelles de 400 m² à 2,22 millions de FCFA, avec titre foncier et frais de notaire inclus.

L’entreprise a également communiqué sur son programme de développement à Meyang. À ce titre, 352 acquéreurs de la première phase ont déjà réceptionné leurs parcelles. Les titres fonciers correspondants seraient disponibles auprès de l’Agence nationale de l’urbanisme, des travaux topographiques et du cadastre (ANUTTC).

Le promoteur a par ailleurs évoqué des projets de logements et d’installations de forages collectifs. Ces équipements doivent contribuer à améliorer l’accès à l’eau et à limiter certaines dépenses liées à l’aménagement des espaces résidentiels.

Régularisation foncière : les démarches expliquées aux visiteurs

La sécurisation des transactions foncières a également occupé une place importante dans les échanges. Edgar Sambouni-Pambou, représentant de l’ANUTTC pour l’Estuaire, a apporté des précisions sur les procédures de régularisation destinées aux personnes ayant acquis des parcelles à travers des transactions de gré à gré, notamment auprès de chefs de quartier. Le dossier présenté comprend un formulaire de demande, une copie lisible de l’acte de naissance, une pièce d’identité, l’acte de cession ainsi que des frais de 50 000 FCFA.

Après examen des pièces et vérification des informations, l’administration délivre un accusé de réception comportant une référence permettant le suivi du dossier. Les personnes dont les titres fonciers ont déjà été publiés sont, quant à elles, invitées à les retirer directement auprès des services compétents de l’ANUTTC. Ces explications répondent à une préoccupation importante des acquéreurs, souvent confrontés à des difficultés administratives ou à des incertitudes concernant la régularité de leurs transactions immobilières.

De l’intérêt des visiteurs à la concrétisation des projets

Parmi les participants figurait Elsa Mbongo, agente publique venue de Port-Gentil. Son déplacement à Libreville avait notamment pour objectif de vérifier les différentes offres présentées et de s’assurer de leur fiabilité. Elle a manifesté un intérêt particulier pour les propositions d’acquisition de parcelles avec titre foncier. Comme elle, de nombreux visiteurs ont pu échanger directement avec les promoteurs, comparer les offres et obtenir des informations sur les démarches à entreprendre.

Au terme de ces trois journées, le bilan traduit une demande importante en matière de foncier et de logement au Gabon. Toutefois, le véritable enjeu commence désormais : convertir les 2 500 fiches recueillies en dossiers complets, en financements accordés et en acquisitions effectives.

Car si la mobilisation populaire confirme l’intérêt des Gabonais pour les initiatives facilitant l’accès à la propriété, la réussite de cette opération se mesurera surtout à sa capacité à produire des résultats concrets. Entre disponibilité des terrains, sécurisation foncière, coût du crédit et niveau des revenus, plusieurs défis restent à relever pour rendre le logement véritablement accessible au plus grand nombre.

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