Barrage hydroélectrique de Booué : un projet de 754 milliards de FCFA toujours au stade des études

Annoncé comme l’un des grands projets énergétiques destinés à renforcer les capacités de production électrique du Gabon, le barrage hydroélectrique de Booué, dans la province de l’Ogooué-Ivindo, devra encore patienter avant de sortir de terre. Évalué à environ 754 milliards de FCFA, hors coûts de financement, cet ouvrage de 400 MW nécessite encore la finalisation des études de faisabilité, la mobilisation des ressources financières et la clarification du partenariat envisagé avec le groupe français EDF. Les travaux pourraient s’étendre sur cinq ans.

Un investissement de près de 754 milliards de FCFA

Le projet de construction du barrage hydroélectrique de Booué revient au cœur des préoccupations nationales, dans un contexte marqué par la persistance des difficultés d’approvisionnement en électricité. Interpellé le 3 novembre 2026 devant l’Assemblée nationale, le ministre de l’Accès universel à l’eau et à l’Énergie, Olivier Mouckocko, a apporté des précisions sur le niveau d’avancement de cette infrastructure présentée comme un levier stratégique pour améliorer l’offre énergétique du pays.

Selon les éléments communiqués par le membre du gouvernement, le coût prévisionnel de l’investissement est estimé à 1,15 milliard d’euros, soit approximativement 754 milliards de FCFA. Cette évaluation reste toutefois assortie d’une marge de variation de plus ou moins 20 %, ce qui signifie que le montant définitif pourrait évoluer en fonction des conclusions des études et des paramètres techniques et financiers retenus.

L’enveloppe annoncée prend notamment en compte les travaux de génie civil et hydromécanique, l’installation des équipements électromécaniques, la réalisation des infrastructures nécessaires à l’évacuation de l’énergie ainsi que le remplacement du pont situé en amont du site. Les charges liées au financement du projet ne sont cependant pas comprises dans cette estimation initiale.

Une capacité de 400 MW face au déficit énergétique

Avec une puissance installée annoncée de 400 mégawatts, le futur barrage de Booué figure parmi les infrastructures susceptibles de renforcer significativement le parc de production électrique gabonais.

Son ambition est de contribuer à réduire le déficit énergétique qui affecte aussi bien les ménages que les opérateurs économiques. Les délestages récurrents, les perturbations de l’activité industrielle et les difficultés d’accès à une alimentation électrique régulière soulignent, en effet, l’urgence de développer de nouvelles capacités de production.

C’est précisément cette perspective qui a motivé les préoccupations exprimées par les députés lors de la séance de questions orales au gouvernement. Marcel Germain Loumbangoye Onkamouo, député du premier siège d’Okondja, a notamment souhaité obtenir des éclaircissements sur l’état des études préalables, les délais de réalisation et les contours du partenariat envisagé avec le groupe français EDF.

EDF et le financement, des paramètres encore à clarifier

Si le projet est régulièrement présenté comme une réponse structurelle aux difficultés énergétiques du Gabon, sa concrétisation dépend encore de plusieurs conditions essentielles.

La finalisation des études de faisabilité constitue une étape déterminante pour préciser les caractéristiques techniques de l’ouvrage et consolider son coût global. À cela s’ajoutent la structuration du financement et la clarification des responsabilités des différents partenaires impliqués, notamment dans le cadre de la coopération envisagée avec EDF.

Autrement dit, malgré les estimations financières et techniques déjà avancées, le projet ne dispose pas encore de tous les éléments nécessaires à l’engagement effectif des travaux. L’enjeu consiste désormais à transformer les projections en engagements opérationnels, financiers et contractuels.

Près de 4 000 emplois attendus pendant le chantier

Au-delà de son apport potentiel au système électrique national, le barrage de Booué pourrait également générer des retombées économiques et sociales importantes pour le pays, particulièrement dans la province de l’Ogooué-Ivindo.

La phase de construction devrait mobiliser environ 4 000 travailleurs, selon les indications présentées par le ministre. Cette perspective représente une opportunité en matière d’emplois directs et d’activités connexes, notamment dans les secteurs du transport, de la logistique, de l’approvisionnement et des prestations de services.

La durée prévisionnelle du chantier est estimée à cinq ans. Un calendrier qui ne pourra toutefois être confirmé qu’après l’achèvement des études, la sécurisation du financement et la mise en place du cadre contractuel.

Un projet stratégique encore confronté à l’épreuve de la concrétisation

Pour le Gabon, le barrage hydroélectrique de Booué représente bien plus qu’un investissement dans les infrastructures. Il s’inscrit dans une perspective de renforcement de la souveraineté énergétique, de soutien à la croissance économique et d’amélioration durable des conditions de vie des populations.

Mais entre les ambitions affichées et le démarrage effectif du chantier, plusieurs obstacles restent à lever. Avec un investissement estimé à 754 milliards de FCFA, susceptible de varier de 20 %, et des frais financiers encore à intégrer, le projet devra franchir une étape décisive : celle de la faisabilité technique et de la viabilité économique.

Dans un pays où les attentes en matière d’électricité sont particulièrement fortes, la question n’est donc plus seulement de connaître la puissance future de l’ouvrage, mais surtout de savoir à quel moment les engagements nécessaires permettront de lancer sa construction.

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