CIIE 2026 : à Shanghai, le Gabon déroule le tapis rouge aux investisseurs chinois

Invité d’honneur de la 9ᵉ Exposition internationale d’importation de Chine (CIIE), le Gabon entend transformer sa participation à ce rendez-vous économique mondial en levier d’attraction des investissements étrangers. Présent à Shanghai le 5 novembre 2026, le président Brice Clotaire Oligui Nguema a présenté les opportunités économiques de son pays et invité les opérateurs chinois à prendre part à sa stratégie de transformation industrielle, de diversification économique et de création d’emplois.

Le Gabon entend renforcer son attractivité auprès des investisseurs asiatiques. À l’occasion de la cérémonie d’ouverture de la 9ᵉ édition de la China International Import Expo (CIIE), organisée du 5 au 10 novembre 2026 à Shanghai, le président Brice Clotaire Oligui Nguema a porté le plaidoyer économique de Libreville devant les représentants de nombreux pays et entreprises internationales.

La cérémonie était présidée par Ding Xuexiang, vice-Premier ministre du Conseil des affaires d’État chinois. Le chef de l’État gabonais figurait parmi les personnalités invitées à prendre la parole à cette tribune. Selon la présidence gabonaise, il était le seul dirigeant africain à y intervenir.

Cette participation revêt un caractère particulier puisque le Gabon dispose, pour la première fois, d’un pavillon national à cette grande exposition commerciale. Placé sous le thème « Gabon, terre d’opportunités, de transformation, partenaire d’avenir partagé », cet espace met en lumière les ressources naturelles, la biodiversité, les essences forestières et les produits du terroir gabonais.

Au-delà de la visibilité institutionnelle, l’objectif est de présenter le pays comme une destination d’investissement et de favoriser des partenariats économiques capables de déboucher sur des projets industriels et commerciaux concrets.

Dans son allocution, Brice Clotaire Oligui Nguema a rappelé l’ancienneté des relations entre Libreville et Pékin, tout en soulignant le rôle que peut jouer la coopération commerciale dans le rapprochement des économies. Il a notamment appelé les entreprises chinoises à accompagner les ambitions de développement du Gabon. « Venez investir au Gabon pour construire avec nous l’édifice nouveau auquel nous rêvons », a lancé le président gabonais aux investisseurs.

De l’exportation des matières premières à la transformation locale

Au cœur du discours présidentiel figure la volonté de faire évoluer le modèle économique gabonais. Depuis 2023, les autorités affichent leur ambition de réduire la dépendance du pays à l’exportation des matières premières brutes, au profit d’une économie davantage tournée vers la transformation locale, la création de valeur ajoutée et l’industrialisation.

Plusieurs filières ont ainsi été proposées aux investisseurs chinois. Le bois, le manganèse et le gisement de fer de Bélinga occupent une place importante dans cette stratégie. À ces ressources s’ajoutent le pétrole, le gaz, l’uranium, le niobium, l’or et les minerais rares.

Le secteur agricole figure également parmi les priorités. Le chef de l’État a notamment évoqué un potentiel de cinq millions d’hectares de terres arables, susceptible de favoriser le développement de nouvelles exploitations agricoles et d’industries agroalimentaires.

L’énergie, l’approvisionnement en eau, la santé, le numérique et l’économie verte complètent cette liste de secteurs ouverts aux partenariats. À travers cette diversification, Libreville souhaite attirer des capitaux, mais également bénéficier de transferts de technologies, de compétences techniques et d’expertise industrielle. Une attention particulière a été accordée à la zone économique spéciale de Nkok, présentée comme un espace stratégique pour accueillir les entreprises désireuses de développer des activités industrielles et de transformation au Gabon.

Des réformes pour rassurer les opérateurs économiques

Pour transformer les intentions d’investissement en engagements financiers, les autorités gabonaises mettent en avant les réformes engagées dans l’environnement des affaires. Brice Clotaire Oligui Nguema a notamment cité la modernisation des codes de l’investissement, minier, pétrolier et du travail. Ces évolutions visent, selon le gouvernement, à améliorer les conditions d’implantation des entreprises et à offrir un cadre réglementaire plus adapté aux exigences des investisseurs.

La digitalisation de l’administration constitue un autre argument avancé par Libreville. Le dispositif de création d’entreprise en ligne en 48 heures est notamment présenté comme un moyen de simplifier les démarches administratives et de réduire les délais nécessaires au démarrage des activités économiques. Le président gabonais a également insisté sur la stabilité du pays et la sécurité juridique, deux éléments qu’il considère comme essentiels pour attirer les investissements de long terme.

Sur le plan géographique, le Gabon entend aussi tirer parti de son ouverture sur l’océan Atlantique. Sa position est présentée comme un avantage pour accéder au marché de l’Afrique centrale, estimé à environ 200 millions de consommateurs. Un argument commercial destiné à convaincre les entreprises chinoises de considérer le pays non seulement comme un territoire d’exploitation de ressources naturelles, mais aussi comme une plateforme de production et de distribution régionale.

La coopération sino-gabonaise à l’épreuve des investissements productifs

Cette offensive économique intervient dans un contexte de relations commerciales déjà importantes entre les deux pays. Selon les données communiquées par la présidence gabonaise, les échanges commerciaux entre le Gabon et la Chine ont atteint 3,94 milliards de dollars en 2025, enregistrant une progression de 8,2 % sur un an.

Pour Libreville, l’enjeu consiste désormais à faire évoluer cette relation commerciale vers des investissements productifs davantage ancrés dans l’économie nationale. Il s’agit notamment de favoriser l’installation d’unités industrielles, de développer les infrastructures de transformation et de créer des emplois qualifiés pour la jeunesse gabonaise.

La participation à la CIIE offre ainsi une tribune pour rapprocher les entreprises chinoises des opportunités présentées par le Gabon. La présence d’un pavillon national permet également de promouvoir les produits locaux et d’explorer de nouveaux débouchés commerciaux sur le marché chinois.

Reste maintenant à convertir cette opération de promotion économique en contrats, financements et projets effectivement réalisés. Car au-delà des annonces et des déclarations d’intention, la réussite de cette stratégie dépendra de la capacité du Gabon à attirer des capitaux durables, à sécuriser les investissements et à garantir des retombées économiques locales.

Pour Libreville, Shanghai représente donc bien plus qu’une vitrine internationale : c’est une occasion de repositionner le Gabon dans les chaînes de valeur mondiales et de faire de la coopération avec la Chine un instrument de diversification et de transformation de son économie.

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