
La menace d’un mouvement de grève à la Compagnie minière de l’Ogooué (Comilog) semble momentanément écartée. Après l’intervention du médiateur de la République, Alexis Boutamba Mbina, le dossier est désormais entre les mains du ministère du Travail. La ministre Jacqueline Bignoumba veut privilégier les négociations afin de parvenir à un accord entre la direction et les représentants des travailleurs.
Le climat social à la Compagnie minière de l’Ogooué (Comilog) fait désormais l’objet d’une attention particulière des autorités gabonaises. Alors qu’un mouvement de grève menaçait de perturber les activités de l’entreprise à Moanda, le gouvernement a décidé de renforcer son implication dans la recherche d’une issue négociée.
Le 6 août 2026, le médiateur de la République, Alexis Boutamba Mbina, a reçu l’administrateur-directeur général de la Comilog, quelques jours après avoir échangé avec les représentants syndicaux de l’entreprise. À l’issue de cette séquence de médiation, le dossier a été transmis au ministère du Travail, compétent pour assurer le suivi et l’encadrement des négociations sociales.
La ministre Jacqueline Bignoumba entend désormais reprendre le dossier avec ses services provinciaux. Elle indique que ces derniers sont déjà mobilisés afin de rapprocher les positions des deux parties et de favoriser la conclusion d’un compromis acceptable pour les travailleurs comme pour la direction de l’entreprise.
À Moanda, les discussions se poursuivent ainsi entre les représentants du personnel, les responsables de la Comilog et les services provinciaux du Travail. L’objectif est d’identifier les points de blocage et de trouver des solutions avant que le conflit ne dégénère en mouvement social susceptible d’affecter le fonctionnement de l’entreprise.
L’intervention du médiateur de la République aurait contribué à suspendre, au moins temporairement, la menace de grève. Pour la ministre du Travail, cette accalmie doit surtout servir à créer les conditions d’un véritable dialogue. Les autorités privilégient donc la négociation plutôt que le rapport de force, avec la volonté de résoudre le différend dans le respect des mécanismes prévus par le droit du travail.
Cette démarche intervient alors que le gouvernement souhaite renforcer le dialogue social dans l’ensemble du monde professionnel. Pour Jacqueline Bignoumba, les désaccords qui peuvent apparaître entre employeurs et salariés doivent être traités à travers la concertation, qu’il s’agisse des entreprises privées, du secteur parapublic ou de l’administration publique.
Au-delà de la dimension sociale, le dossier Comilog revêt un enjeu économique important pour le Gabon. Implantée à Moanda, l’entreprise occupe une place centrale dans l’exploitation du manganèse et constitue un acteur majeur de l’activité minière nationale. Une perturbation prolongée de ses opérations pourrait donc avoir des répercussions sur l’économie locale et sur la filière minière.
Le contexte est d’autant plus sensible que les autorités gabonaises affichent désormais leur volonté d’accélérer la transformation locale des ressources naturelles. Le manganèse figure parmi les secteurs concernés par cette stratégie, qui vise à accroître la valeur ajoutée générée sur le territoire national et à développer davantage les activités industrielles autour des ressources minières.
La résolution du différend social à Comilog apparaît ainsi comme un enjeu à la fois professionnel et économique. En privilégiant la médiation et la négociation, le gouvernement cherche à préserver la paix sociale à Moanda tout en garantissant la continuité des activités d’une entreprise stratégique pour la filière minière gabonaise.