
Lors du conseil des ministres tenu le mercredi 4 juin, le Gabon a décidé de dénoncer unilatéralement l’accord de pêche conclu en 2007 avec l’Union européenne. Le président Brice Clotaire Oligui Nguema estime que l’accord n’est pas profitable à son pays. Le président a donc instruit son gouvernement pour notifier sa décision à l’Union européenne tout en laissant une porte ouverte à la négociation.
Au Gabon, la sauvegarde de l’intérêt national est prioritaire. Dans son communiqué publié au terme d’un conseil des ministres, le Gabon a dénoncé un partenariat déséquilibré dont les retombées économiques restent largement insuffisantes par rapport aux richesses extraites par les flottes européennes. Selon RFI, le Gabon dit craindre des risques accrus de surexploitation des ressources sans bénéficier des investissements et de création d’emplois.
Le poisson pêché est directement expédié en Europe depuis la mer alors que Libreville souhaite qu’il soit débarqué et transformé dans le pays. « En conséquence, le chef de l’État a instruit le gouvernement de mettre en œuvre la procédure de dénonciation unilatérale de l’accord », précise le communiqué.
« Nous avons accueilli cette décision avec surprise (…), avec une certaine déception parce que c’est une coopération ancienne qui a été conçue pour essayer de soutenir un intérêt mutuel », a réagi dans la presse locale Cécile Abadie, cheffe de la délégation de l’Union européenne au Gabon. Tout en reconnaissant une décision souveraine du Gabon, cette dernière a affirmé que l’Union européenne restait ouverte aux négociations.