Gabon : les autorités intensifient la riposte face à la progression des hépatites virales

Les hépatites virales demeurent un défi majeur de santé publique au Gabon. Avec une prévalence élevée de l’hépatite B et des conséquences graves sur la santé des populations, les autorités sanitaires multiplient les actions de prévention, de dépistage et de vaccination afin de limiter la propagation de ces infections.

Les hépatites virales continuent de peser lourdement sur le système de santé gabonais. Selon les données de l’Enquête démographique et de santé réalisée entre 2019 et 2021, près de 5,8 % de la population est porteuse de l’hépatite B, un niveau qui classe le Gabon parmi les pays à forte endémie. Cette situation suscite de vives préoccupations en raison des complications parfois irréversibles qu’entraînent ces infections lorsqu’elles ne sont pas diagnostiquées et prises en charge à temps.

Au-delà de leur fréquence, les hépatites virales sont responsables d’une importante charge de morbidité dans le pays. Elles sont notamment impliquées dans la grande majorité des cancers primitifs du foie et de nombreux cas de cirrhose observés dans les établissements de santé. Ces pathologies, souvent découvertes à un stade avancé, réduisent considérablement les chances de traitement et augmentent la mortalité.

À l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre les hépatites virales, la ministre de la Santé, le Pr Elsa Nkana Joséphine Ayo-Bivigou, a lancé un appel à une mobilisation collective. Elle a rappelé que ces maladies peuvent être efficacement contrôlées lorsqu’elles sont détectées précocement et que les personnes concernées bénéficient d’un suivi médical adapté. Pour les autorités sanitaires, il est essentiel de lutter contre les idées reçues et la stigmatisation qui dissuadent encore de nombreux patients de se faire dépister.

Afin de renforcer la prévention, le gouvernement a engagé plusieurs réformes depuis 2024. Parmi les mesures phares figure l’administration du vaccin contre l’hépatite B dès la naissance, désormais intégrée au Programme élargi de vaccination. Cette stratégie vise à protéger les nouveau-nés contre une infection pouvant évoluer vers une forme chronique.

Le ministère de la Santé a également instauré le dépistage systématique de l’hépatite B chez les femmes enceintes afin de réduire les risques de transmission de la mère à l’enfant. En parallèle, des campagnes de sensibilisation sont régulièrement organisées pour informer la population sur les modes de transmission, les moyens de prévention et l’importance d’un diagnostic précoce.

Les autorités souhaitent aller plus loin en mettant en place un programme national spécifiquement consacré à la lutte contre les hépatites virales. Une telle structure permettrait de mieux coordonner les actions de prévention, d’améliorer l’accès aux traitements, de renforcer la surveillance épidémiologique et d’assurer un meilleur accompagnement des personnes vivant avec ces infections.

Le ministère invite enfin l’ensemble de la population à adopter les gestes de prévention recommandés, notamment le respect du calendrier vaccinal, le recours au dépistage en cas de risque d’exposition et la consultation régulière des professionnels de santé. Pour les responsables sanitaires, une meilleure information du public, associée à un accès élargi aux services de santé, constitue un levier essentiel pour freiner la progression des hépatites virales et réduire leur impact sur la population gabonaise.

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