Gabon : comment à Nkokloa, l’agriculture est devenue un levier d’autonomisation pour les femmes


Dans le nord du Gabon, des femmes de Nkokloa misent désormais sur l’agriculture pour améliorer leurs revenus et renforcer leur autonomie économique. Accompagnées dans le cadre du fonds « La Francophonie avec Elles » de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), elles ont renforcé leurs techniques de production de manioc et de banane plantain grâce à des formations, du matériel agricole et l’appui d’une organisation locale.

À Nkokloa, dans la région de Bitam, au nord du Gabon, les activités agricoles occupent une place centrale dans le quotidien de plusieurs femmes. Réunies au sein d’un groupement, elles exploitent environ dix hectares consacrés notamment au manioc et à la banane plantain. Une activité qui, au-delà de la production alimentaire, commence à générer des revenus et à soutenir directement les dépenses des ménages.

Cette évolution est notamment liée à l’accompagnement apporté par le programme « La Francophonie avec Elles », un fonds de l’OIF destiné à soutenir l’autonomisation économique des femmes. Au Gabon, quatre projets bénéficient de ce mécanisme pour un financement global de 300 000 euros, avec près de 250 femmes ciblées. Les initiatives soutenues portent notamment sur l’agriculture durable et l’entrepreneuriat, avec des actions combinant formation, équipements et accompagnement de proximité.

À Nkokloa, l’appui reçu a permis aux agricultrices de professionnaliser progressivement leurs pratiques. Les femmes ont notamment été formées aux techniques de multiplication et de plantation du manioc et du bananier plantain, avec l’objectif d’améliorer les rendements et de limiter les pertes.

Pour Gladys, 29 ans et mère de quatre enfants, cette formation a profondément modifié sa manière de travailler la terre. Ancienne commerçante, elle explique avoir appris des méthodes qu’elle ne maîtrisait pas auparavant, notamment en matière d’espacement des boutures de manioc et de multiplication des rejets de bananiers. Ces connaissances lui permettent désormais d’augmenter le nombre de plants disponibles et, par conséquent, d’accroître sa production.

Les revenus tirés des récoltes ont également une incidence directe sur sa vie familiale. La productrice explique pouvoir désormais utiliser une partie de ses recettes pour prendre en charge la scolarité de ses enfants, entre frais d’inscription, fournitures, uniformes et livres.

L’accompagnement ne s’est pas limité aux conseils techniques. Le groupement de Nkokloa a également reçu différents équipements nécessaires aux travaux agricoles : bottes, brouettes, pioches, machettes, daba ou encore arrosoirs. Pour les bénéficiaires, ces outils facilitent le travail quotidien et contribuent à améliorer les conditions de production.

Béatrice, membre du groupement, relève notamment les progrès réalisés dans la qualité des récoltes de manioc. Les techniques enseignées ont permis, selon elle, d’obtenir des tubercules plus développés et de réduire les pertes qui affectaient auparavant une partie de la production.

À travers ce type d’initiative, l’OIF entend agir sur l’un des principaux obstacles rencontrés par les femmes rurales : l’accès aux ressources permettant de développer une activité génératrice de revenus. L’organisation estime que l’accompagnement doit combiner financement, formation, accès aux équipements et ouverture vers de nouvelles opportunités économiques.

Selon RFI, entre 2020 et 2025, le fonds « La Francophonie avec Elles » a soutenu 354 projets dans 36 pays, pour un montant cumulé de 20 millions d’euros, selon les données communiquées par l’OIF. Ces différents projets ont bénéficié à plus de 99 000 femmes. En Afrique centrale, le dispositif représente 80 projets pour environ 19 000 bénéficiaires et 5 millions d’euros mobilisés. L’agriculture constitue 44 % des secteurs soutenus dans la région, devant la transformation des produits (38 %) et les activités de biens et services (18 %).

Au Gabon, cette approche se traduit donc concrètement sur le terrain, à l’image du groupement de Nkokloa. En renforçant les capacités de production des agricultrices, le programme cherche à faire de l’activité agricole un outil d’autonomie financière, mais aussi un moyen d’améliorer les conditions de vie des familles.

Le fonds bénéficie du soutien de plusieurs partenaires, dont TotalEnergies. Les organisations souhaitant accéder à cet accompagnement peuvent répondre aux appels à projets lancés chaque année au mois de janvier. À Nkokloa, les premières retombées montrent déjà comment un appui technique et matériel peut transformer progressivement une activité agricole traditionnelle en source de revenus plus réguliers pour les femmes.

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