Gabon : dix défenses d’éléphant et une peau de panthère saisies à Ovan

Une opération conjointe menée dans la province de l’Ogooué-Ivindo a permis de mettre la main sur dix pointes d’ivoire et une peau de panthère. Deux ressortissants burkinabè, résidant au Gabon, ont été interpellés à Ovan et placés en garde à vue dans le cadre d’une enquête sur la détention et le transport illégaux de produits issus d’espèces protégées.

La lutte contre le trafic de la faune sauvage se poursuit au Gabon. À Ovan, dans le nord-est du pays, les forces de sécurité ont intercepté une cargaison composée de dix pointes d’ivoire et d’une peau de panthère, selon les autorités gabonaises.

L’opération a été conduite conjointement par les éléments de la gendarmerie d’Ovan et les agents des Eaux et Forêts, avec l’appui de l’ONG Conservation Justice. Elle a conduit à l’arrestation de deux hommes, de nationalité burkinabè, qui résident au Gabon.

Une cargaison évaluée à plusieurs millions de francs CFA

Les deux suspects ont été placés en garde à vue pour les besoins de l’enquête. Ils sont soupçonnés d’avoir détenu et transporté illégalement des produits provenant d’animaux intégralement protégés.

D’après une source proche de Conservation Justice, les dix pointes d’ivoire représenteraient environ 50 kilogrammes. Les deux hommes auraient dû recevoir 5,2 millions de francs CFA, soit environ 9 100 dollars, en échange de cette cargaison et de la peau de panthère.

L’enquête devra notamment permettre d’identifier les éventuels commanditaires et autres intermédiaires impliqués dans cette opération. Selon les éléments recueillis par les gendarmes, les complices présumés pourraient avoir espéré une rémunération supérieure à celle promise aux deux transporteurs présumés.

Des espèces sous protection renforcée

Cette nouvelle saisie intervient dans un contexte de lutte accrue contre le braconnage et le commerce illicite des produits de la faune au Gabon. La législation nationale protège plusieurs espèces considérées comme particulièrement menacées et interdit notamment leur chasse, leur capture, leur détention, leur transport ou encore leur commercialisation.

Le Code forestier prévoit des sanctions pouvant aller de trois à six mois d’emprisonnement, assorties d’une amende pouvant atteindre 10 millions de francs CFA, ou l’application de l’une de ces deux sanctions. La procédure engagée contre les deux suspects devra déterminer leur niveau de responsabilité et permettre aux enquêteurs de remonter, le cas échéant, jusqu’aux autres maillons du réseau.

Le trafic d’ivoire reste une menace pour les éléphants

Avec une couverture forestière représentant plus de 80 % de son territoire, le Gabon abrite une importante population d’éléphants de forêt et constitue l’un des principaux bastions de cette espèce en Afrique centrale.

Mais cette richesse faunique reste exposée au braconnage. Entre 2004 et 2012, plus de 11 000 éléphants auraient été tués dans le parc national de Minkébé et ses environs, dans le nord-est du pays, selon les données officielles.

La saisie réalisée à Ovan illustre ainsi la persistance des filières de trafic de produits issus d’espèces protégées. Pour les autorités et les organisations engagées dans la conservation, le démantèlement de ces circuits passe notamment par une surveillance accrue des zones forestières, des axes de transport et des réseaux qui alimentent le commerce clandestin de l’ivoire et des autres produits de la faune.

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