Gabon : l’exploitation aurifère accélère la déforestation, plus de 750 hectares de forêt perdus en six mois

L’activité aurifère demeure la principale source de déforestation liée au secteur minier au Gabon. Au cours du premier semestre 2026, plus de 750 hectares de couvert forestier ont disparu sous l’effet de l’exploitation de l’or, selon les données de l’Agence gabonaise d’études et d’observations spatiales (AGEOS). Des chiffres qui relancent le débat sur l’équilibre entre développement minier et préservation de l’environnement.

Le développement de l’industrie minière continue d’exercer une pression importante sur les écosystèmes forestiers gabonais. Les dernières données de l’Agence gabonaise d’études et d’observations spatiales (AGEOS) montrent que l’exploitation de l’or représente, de très loin, la principale cause de déforestation associée aux activités minières dans le pays.

Entre janvier et juin 2026, les activités aurifères ont entraîné la disparition de 752,61 hectares de forêt, soit plus de 95 % des pertes de couvert forestier enregistrées dans le secteur minier durant cette période. Cette tendance confirme la place prépondérante de l’or dans l’impact environnemental des exploitations minières nationales.

À l’inverse, les autres filières minières présentent une empreinte forestière beaucoup plus limitée. L’exploitation du manganèse a occasionné la perte de 33,24 hectares de forêt, représentant un peu plus de 4 % des superficies affectées, tandis que les opérations de recherche liées au fer n’ont concerné que 5,70 hectares, soit moins de 1 % des pertes recensées.

Selon les conclusions du rapport, cette déforestation est principalement observée sur des sites exploités par des détenteurs de permis de petites mines, où l’extraction de l’or reste l’activité dominante. Cette situation met en évidence les défis auxquels les autorités sont confrontées pour assurer un développement responsable du secteur extractif tout en préservant les vastes ressources forestières qui font du Gabon l’un des principaux réservoirs de biodiversité du bassin du Congo.

Ces résultats interviennent dans un contexte où le pays réaffirme régulièrement son engagement en faveur de la lutte contre le changement climatique, de la gestion durable des ressources naturelles et de la conservation de ses forêts, reconnues pour leur rôle essentiel dans la séquestration du carbone et la préservation de la biodiversité.

Pour produire cette évaluation, l’AGEOS s’est appuyée sur un dispositif de surveillance reposant sur les technologies d’observation de la Terre. Les analyses combinent des images fournies par les satellites Landsat et Sentinel avec des données issues de plateformes internationales spécialisées dans le suivi de la couverture forestière.

Grâce à ces outils, les spécialistes peuvent localiser avec précision les zones déboisées, déterminer les causes des pertes de forêt et vérifier si les activités minières respectent les périmètres autorisés par les permis d’exploitation. Cette surveillance constitue désormais un levier stratégique pour améliorer le contrôle des activités extractives, renforcer la gouvernance environnementale et orienter les décisions publiques en matière de gestion durable des ressources naturelles.

Face à l’augmentation des pressions exercées sur les forêts, les données de l’AGEOS rappellent la nécessité de concilier les impératifs de développement économique avec la protection d’un patrimoine naturel considéré comme l’un des plus précieux du continent africain.

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