Gabon : face au déficit budgétaire de 5% d’ici à 2027, l’État rassure

Publicités

Le solde budgétaire s’est ainsi détérioré, passant d’un excédent de 1,8 % en 2023 à un déficit estimé à 3,7 % du PIB en 2024, ce qui a entraîné une accumulation d’arriérés de paiement et une augmentation de la dette publique. Dans ce contexte, le gouvernement affirme conduire des réformes structurelles destinées à assainir les finances publiques, accroître les recettes et protéger le pouvoir d’achat des ménages.

Dans sa note de conjoncture économique du Gabon 2025, la Banque mondiale s’inquiète de la trajectoire des finances publiques du Gabon. L’institution internationale estime en effet qu’un déficit budgétaire de l’ordre de 5% du PIB pourrait être atteint d’ici à 2027, sous l’effet conjugué d’une baisse anticipée des recettes pétrolières et d’une politique de dépenses expansionnistes. Cette perspective interroge sur la soutenabilité de la trajectoire budgétaire du pays et sur sa capacité à préserver l’équilibre entre dépenses sociales et rigueur financière.

La Banque mondiale rappelle que « les risques budgétaires d’une baisse des recettes pétrolières sont élevés et nécessitent des efforts pour assurer une trajectoire budgétaire et d’endettement durable tout en atténuant les conséquences sociales des ajustements budgétaires par des politiques d’allègement ciblées ». Si les réformes en cours dans l’administration fiscale devraient améliorer la collecte des impôts, le manque à gagner lié à la contraction des revenus pétroliers reste un défi majeur pour les finances publiques.

Une politique budgétaire expansionniste

Au-delà de la dépendance pétrolière, l’institution de Bretton Woods met également en cause la politique de dépenses expansionnistes menée par l’État. « Les pressions sur les liquidités se sont déjà intensifiées au début de 2025 et pourraient être aggravées par le resserrement des conditions de financement, ce qui augmenterait les coûts déjà élevés du service de la dette », avertit la Banque mondiale. Dans ce contexte, la masse salariale de la Fonction publique a atteint un niveau record de 825 milliards de Fcfa, absorbant une part significative des ressources budgétaires.

 » Ces chiffres n’engagent que leurs auteurs. Ce sont des prévisions. Il faut rappeler que les actions engagées visent à rompre avec le déficit budgétaire. C’est tout l’esprit des réformes engagées depuis trois mois. Et c’est aussi l’esprit de la loi de finances 2026 dont la préparation a connu des innovations justement pour éviter le déficit budgétaire « , assure-t-on du côté du ministère de l’Economie.

À cet effet, les dernières semaines ont vu l’adoption de nombreuses décisions qui servent à assainir les finances publiques, accroître les recettes de l’État, assurer la gestion efficace de son patrimoine et soulager le panier de la ménagère dans un contexte de lutte contre la vie chère.

Parmi ces dernières, le ministère de l’Économie a rappelé la suspension des exonérations fiscales et douanières qui créent une distorsion entre agents économiques, la révision des subventions et l’interdiction des compensations des recettes, l’obligation pour les sociétés dans lesquelles l’État détient des participations de reverser les dividendes exclusivement et directement au Trésor public pour renforcer le C.U.T et assurer le respect de la loi organique relative aux lois de finances et à l’exécution du budget qui, en son article 80, stipule que les ressources publiques soient versées et conservées dans un compte unique ouvert au nom du Trésor public.

Laisser un commentaire