
Une double pollution pétrolière menace les côtes entre Mayumba et Mayonami, selon le ministère de l’Environnement. Après une mission aérienne qui a détecté une nappe d’hydrocarbures proche des côtes, les autorités et AGEOS renforcent les investigations, envisagent une surveillance renforcée et préparent une dépollution coordonnée en collaboration avec les acteurs locaux et les partenaires techniques.
Une pollution aux hydrocarbures affecte les côtes du sud du Gabon depuis plusieurs jours, a indiqué le 2 octobre le ministère de l’Environnement, de l’Écologie et du Climat. Pas de marée noire majeure, mais des trainées noires de pétroles s’étendent sur 70 à 100 km sur les plages dans les environs de Mayumba et Mayonami dans le sud du pays. Le Conseil national de la mer gabonais a été chargé de déterminer les causes et les responsabilités de cette pollution, toujours inconnues, et le ministère de l’Environnement annonce des opérations de dépollution.
Selon RFI, une nappe d’hydrocarbure a été détectée au large des côtes sud du Gabon, dès la mi-septembre. La semaine dernière, elle était « près des côtes, au niveau de la frontière des zones économiques exclusives entre le Gabon et le Congo », selon le ministère gabonais de l’Environnement. Désormais, des trainées ou parfois de petites galettes d’hydrocarbure s’étendent sur les plages.
De son côté, l’Agence gabonaise d’études et d’observations spatiales (AGEOS) a expliqué qu’entre le 31 août et le 24 septembre dernier, ses analyses d’images radars ont permis de détecter deux nappes d’hydrocarbures au large de Mayumba, d’une superficie estimée entre 90 et 95 km² chacune. Le dégazage de navire pourrait être à l’origine de la principale nappe d’hydrocarbure.
« Sur le principe pollueur-payeur, si on ne trouve pas qui a pollué, ça va être difficile de faire des travaux de dépollution parce qu’il faut quand même des moyens, surtout que c’est quand même une zone de pêche. Donc, vous imaginez qu’il va y avoir un impact assez important que tout ce qui est hallieutique ».
Autre point important, il faut éviter des moyens de dépollution « trop archaïques » selon Henri Michel Auguste. « Pelles, râteaux, sacs plastiques… Non. On faisait ça il y a 40 ans et encore, on a vite abandonné parce qu’on s’est aperçu qu’on détruisait en définitive l’environnement en faisant comme ça. Donc, il y a des innovations qui existent, il faut savoir les utiliser. Mais après, il faut restaurer. Et restaurer, ça prend du temps. Ce n’est pas en claquement de doigts que la biodiversité va se redévelopper. Elle va mettre un peu de temps ».
A en croire le journal l’Union, le Conseil national de la mer devra mettre en place un corridor de surveillance environnementale des zones impactées, procéder à une intervention coordonnée avec tous les acteurs concernés pour dépolluer tout le littoral impacté, déterminer avec précision l’origine territoriale, les causes de la pollution ainsi que d’en établir les responsabilités. Des poursuites judiciaires pourraient être engagées, a annoncé le ministère de l’Environnement.