Gabon–Guinée équatoriale : un mécanisme de dialogue lancé sous l’égide de l’Union africaine pour apaiser le différend frontalier

Le Gabon et la Guinée équatoriale ouvrent une nouvelle séquence dans la gestion de leur différend frontalier. Sous l’impulsion de l’Union africaine (UA), les deux États ont signé un accord instituant un mécanisme permanent de concertation et de médiation destiné à accompagner la mise en œuvre de la décision de la Cour internationale de Justice (CIJ). Cette initiative traduit la volonté commune de privilégier le dialogue et la coopération tout en préservant les intérêts de chaque partie.

Le règlement du différend frontalier entre le Gabon et la Guinée équatoriale entre dans une nouvelle phase. Réunis sous les auspices de l’Union africaine, les représentants des deux pays ont officialisé la création d’un mécanisme conjoint de concertation et de médiation destiné à favoriser un dialogue régulier et à accompagner la mise en œuvre des décisions internationales relatives à leur frontière commune.

L’accord a été signé par le président de la Commission de l’Union africaine, Mahmoud Ali Youssouf, le ministre équato-guinéen des Affaires étrangères, Simeón Oyono Esono Angüe, et le président de la Cour constitutionnelle du Gabon, Dieudonné Aba’a Owono. Ce dispositif prévoit des consultations techniques périodiques entre les deux États ainsi qu’un suivi des travaux visant à résoudre les questions encore en suspens dans un climat de confiance.

À cette occasion, le président de la Commission de l’UA a salué la volonté des deux voisins de privilégier la concertation plutôt que la confrontation. Il a mis en avant leur engagement en faveur du dialogue, de la coopération régionale, du bon voisinage et du règlement pacifique des différends, conformément aux principes défendus par l’organisation panafricaine.

La signature de cet accord ne remet toutefois pas en cause la décision rendue par la Cour internationale de Justice le 19 mai 2025. Dans son arrêt, la juridiction de La Haye avait attribué à la Guinée équatoriale la souveraineté sur les îlots de Mbanié, Cocotiers et Conga, tout en rejetant les arguments avancés par le Gabon concernant cette partie du contentieux. La décision demeure donc le cadre juridique de référence pour les deux États.

Les discussions engagées dans le cadre du nouveau mécanisme porteront essentiellement sur la mise en œuvre technique de cette décision. Pour la délimitation de leur frontière terrestre, Libreville et Malabo devront s’appuyer sur la convention franco-espagnole de 1900, tandis que la délimitation maritime sera conduite conformément aux dispositions de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer de 1982.

Le différend entre les deux pays remonte au début des années 1970. Il porte sur l’île de Mbanié, d’une superficie d’une trentaine d’hectares, ainsi que sur les îlots de Cocotiers et de Conga, situés dans une zone maritime réputée riche en ressources pétrolières. Pendant plusieurs décennies, cette question a alimenté des tensions diplomatiques entre Libreville et Malabo, sans toutefois remettre en cause leurs relations bilatérales.

Du côté gabonais, les autorités insistent sur le fait que cette nouvelle démarche diplomatique ne saurait être interprétée comme un abandon des intérêts nationaux. Elles soulignent que le choix du dialogue vise avant tout à préserver la stabilité régionale et à maintenir des relations de bon voisinage, tout en défendant les droits du Gabon dans le respect du droit international.

Pour plusieurs observateurs, ce mécanisme de concertation ouvre une nouvelle perspective dans les relations entre les deux pays. En privilégiant une coopération institutionnalisée après la décision de la CIJ, le Gabon et la Guinée équatoriale cherchent à transformer un contentieux historique en un processus diplomatique encadré, susceptible de renforcer la confiance mutuelle et de consolider la paix dans le golfe de Guinée.

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