
Le Gabon poursuit ses efforts en faveur de la souveraineté alimentaire en misant sur la professionnalisation des acteurs de la filière manioc. Réunis à l’Institut gabonais d’appui au développement (IGAD), une trentaine de jeunes et de femmes bénéficient d’une formation intensive destinée à améliorer la production, la transformation et la commercialisation de cette culture stratégique, avec le soutien du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) et du projet IBSA.
Le renforcement de la chaîne de valeur du manioc est désormais au cœur des priorités agricoles du Gabon. C’est dans cette perspective qu’a été lancée, mardi à l’Institut gabonais d’appui au développement (IGAD), une session de formation réunissant 30 participants, majoritairement des jeunes et des femmes, appelés à devenir des acteurs clés du développement de cette filière.
Cette initiative s’inscrit dans le cadre du projet IBSA, mis en œuvre avec l’appui du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) et financé par le Fonds IBSA, fruit de la coopération entre l’Inde, le Brésil et l’Afrique du Sud. Le programme bénéficie d’un financement d’environ 600 millions de FCFA destiné à soutenir le développement agricole et à favoriser le partage d’expertises entre les pays du Sud.
Une formation couvrant toute la chaîne de valeur

Prévue jusqu’au 1er août, la formation est animée par des expertes sud-africaines qui accompagneront les bénéficiaires sur l’ensemble des maillons de la filière manioc.
Les participants seront formés aux techniques modernes de production, aux méthodes de transformation, à la conservation post-récolte, à la lutte contre les ravageurs, à l’agriculture intelligente face aux changements climatiques ainsi qu’à la valorisation des sous-produits du manioc. Une attention particulière sera également accordée aux stratégies de commercialisation afin de permettre aux producteurs de mieux accéder aux marchés et d’améliorer leurs revenus.
Le manioc, un levier pour la souveraineté alimentaire
À l’ouverture de la formation, la représentante résidente du PNUD au Gabon, Rokya Ye-Dieng, a insisté sur la nécessité de renforcer la production locale et de développer une transformation plus performante afin de répondre efficacement aux besoins du marché national.
Le ministre de l’Agriculture, Pacôme Kossy, a pour sa part rappelé que le manioc constitue l’une des cultures les plus importantes pour assurer la sécurité alimentaire du pays. Selon lui, le développement durable de cette filière passe par un investissement soutenu dans le capital humain, une meilleure organisation des producteurs et la création de débouchés économiques capables de stimuler les investissements privés.
Une approche intégrée pour créer davantage de valeur
Le coordonnateur du projet, Dr Dieudonné Ossami, a souligné que la stratégie retenue dépasse désormais le simple objectif d’accroître les volumes de production. Elle vise à structurer toute la chaîne de valeur, depuis les champs jusqu’à la commercialisation des produits finis.
À travers cette approche intégrée, le projet entend favoriser le transfert de technologies entre pays partenaires, améliorer les compétences techniques des producteurs et encourager l’émergence d’une véritable industrie locale de transformation du manioc.
Au-delà du renforcement des capacités, cette initiative ambitionne de contribuer à la création d’emplois, à l’amélioration des revenus des exploitants agricoles et à la réduction de la dépendance du Gabon aux importations alimentaires. En faisant de la filière manioc un moteur de développement rural, les autorités espèrent poser les bases d’une agriculture plus productive, plus résiliente et davantage tournée vers la création de valeur sur le territoire national.