
Le président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema a achevé le 22 juillet sa première visite d’État en France depuis son élection. Si le déplacement a permis de consolider la coopération économique entre Libreville et Paris, notamment dans les secteurs ferroviaire et minier, plusieurs observateurs estiment que les résultats restent en deçà des ambitions affichées par les autorités gabonaises.
Le principal acquis de cette visite est la conclusion d’un accord de financement de 312 millions d’euros destiné à la modernisation du chemin de fer Transgabonais. L’enveloppe est apportée conjointement par Proparco, filiale du groupe Agence française de développement (AFD), la Société financière internationale (SFI) et la Société d’exploitation du Transgabonais (Setrag).
Ces ressources serviront à financer la troisième phase de réhabilitation de cette infrastructure stratégique, qui assure le transport des minerais, des marchandises et des voyageurs entre l’intérieur du pays et le littoral. Les investissements prévus devraient permettre d’accroître la capacité de la ligne, de renforcer sa fiabilité et d’améliorer les performances logistiques du Gabon.
Les autorités espèrent ainsi fluidifier les exportations minières, réduire les coûts de transport et soutenir davantage l’activité économique nationale.
La transformation locale du manganèse au cœur des discussions
L’autre dossier majeur abordé lors de cette visite concerne la valorisation locale du manganèse. Le gouvernement gabonais et le groupe minier Eramet ont signé un protocole d’accord visant à accélérer la transformation industrielle de cette ressource sur le territoire gabonais.
Toutefois, le calendrier retenu suscite des interrogations. Alors que Libreville souhaitait voir les premières capacités industrielles opérationnelles dès 2029, le document signé fixe désormais l’objectif à fin 2031.
Pour certains analystes, ce report constitue un recul par rapport aux ambitions initiales du gouvernement. D’autres y voient plutôt une étape importante, estimant que les discussions engagées ont permis de replacer la transformation locale des matières premières au centre des négociations avec les investisseurs.
Eramet a néanmoins posé une condition majeure avant de lancer la construction d’une nouvelle usine d’alliages : la disponibilité d’une alimentation électrique suffisante et fiable.
L’entreprise estime que le développement des capacités industrielles dépendra de la réalisation de projets d’électrification capables de répondre aux besoins énergétiques des futures installations. Ce préalable implique de nouveaux investissements publics dans le secteur de l’énergie.
Une coopération économique appelée à se renforcer
Au-delà des accords signés, cette visite confirme la volonté du Gabon de renforcer son partenariat économique avec la France tout en accélérant son industrialisation. Les autorités gabonaises cherchent désormais à transformer davantage leurs ressources naturelles sur place afin de créer plus de valeur ajoutée, davantage d’emplois qualifiés et de nouvelles recettes fiscales.
Si les engagements pris à Paris constituent un signal positif, leur concrétisation dépendra désormais de la mise en œuvre effective des projets annoncés, du respect des calendriers et de la capacité des différents partenaires à mobiliser les financements et les infrastructures nécessaires.