
Le groupe ivoirien SNEDAI pourrait accompagner financièrement le lancement d’un vaste chantier de modernisation de l’état civil et du cadastre gabonais. Les ministères du Logement et de la Planification travaillent à la structuration du projet, avec l’objectif de rendre les procédures administratives plus fiables, rapides et sécurisées.
Le Gabon veut accélérer la transformation numérique de son administration. Le chantier pourrait notamment passer par une modernisation en profondeur de l’état civil et de la gestion foncière, deux secteurs où la fiabilité des données, la sécurisation des documents et la simplification des démarches constituent des enjeux majeurs. C’est dans cette perspective que le ministre du Logement, de l’Habitat, de l’Urbanisme et du Cadastre, Mays Mouissi, et la ministre de la Planification et de la Prospective, Louise Pierrette Mvono, ont reçu, lundi 14 septembre 2026, une délégation du groupe SNEDAI, conduite par son président-directeur général, Adama Bictogo.
Au centre de cette rencontre figurait la possibilité pour SNEDAI de mettre son expertise au service du Gabon dans la digitalisation de l’état civil et du foncier. Le groupe dispose notamment d’une expérience dans les domaines de la biométrie, de l’identification et de la modernisation des systèmes d’état civil, autant de compétences qui pourraient être mobilisées dans le cadre de ce projet.
L’un des principaux éléments issus des échanges concerne le financement du démarrage de l’opération. SNEDAI s’est dit disposé à envisager un mécanisme de préfinancement afin de permettre au projet d’entrer plus rapidement dans sa phase opérationnelle. Cette formule présenterait un intérêt particulier pour l’administration gabonaise : elle pourrait permettre d’engager certaines étapes du chantier sans attendre la mobilisation complète des ressources budgétaires nécessaires. Le principe reste toutefois à préciser, notamment sur le périmètre des investissements, leur coût et les modalités de remboursement.
Le foncier au cœur des enjeux
La digitalisation du secteur foncier constitue l’un des volets les plus sensibles du projet. La mise en place d’outils numériques performants pourrait contribuer à améliorer la conservation et la consultation des données cadastrales, à renforcer la traçabilité des opérations et à limiter les risques liés à la perte, à la détérioration ou à la dispersion des documents administratifs. Pour les usagers, la transformation pourrait également se traduire par une réduction des délais et une simplification progressive des démarches liées aux titres fonciers, à l’identification des parcelles et à l’accès aux informations cadastrales.
L’enjeu est également institutionnel. La constitution d’une base de données foncières plus fiable permettrait à l’État de disposer d’une meilleure visibilité sur le patrimoine immobilier et la situation cadastrale du pays, tout en facilitant la planification urbaine et l’aménagement du territoire. Une modernisation qui concerne aussi l’état civil. Le deuxième volet porte sur l’état civil. Là encore, la numérisation doit permettre de renforcer la sécurisation des données relatives aux citoyens et d’améliorer la conservation des actes de naissance, de mariage ou encore de décès.
L’utilisation de solutions numériques et, le cas échéant, biométriques pourrait contribuer à réduire les risques de doublons, de falsification ou de disparition de documents, tout en facilitant l’accès des populations aux services administratifs. La réussite d’un tel chantier dépendra toutefois de la capacité à interconnecter les différents services concernés et à assurer la fiabilité des données enregistrées. Elle suppose également un dispositif solide de protection des informations personnelles.
Les prochaines étapes se précisent
À ce stade, le projet reste en phase de préparation. Une évaluation des coûts des différentes composantes est en cours afin de déterminer les besoins techniques et financiers. La coordination entre les administrations devrait par ailleurs être renforcée avec la désignation prochaine de points focaux chargés du suivi du dossier. Pour le gouvernement, cette démarche s’inscrit dans une ambition plus large de modernisation de l’administration et d’amélioration de la qualité du service public.
Si les discussions avec SNEDAI aboutissent, le Gabon pourrait ainsi disposer d’un levier supplémentaire pour accélérer la transformation numérique de secteurs essentiels. Au-delà de la simple dématérialisation des procédures, l’objectif est de construire des systèmes capables de sécuriser les données, de réduire les délais administratifs et de rendre les services publics plus accessibles aux citoyens.