Michel Régis Onanga Ndiaye : “l’ère de la chambre d’enregistrement est révolue”

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Lors d’un entretien accordé au quotidien L’Union ce lundi 2 mars 2026, le président de l’Assemblée nationale, Michel Régis Onanga Ndiaye, affirme avec force que «l’ère de la Chambre d’enregistrement est révolue».

À l’occasion de l’ouverture de sa première session ordinaire, ce lundi 2 mars, la nouvelle législature du Parlement affiche ses ambitions. Sous l’impulsion de son président, Michel Régis Onanga Ndiaye, l’Assemblée nationale promet de rompre avec toute logique de « Chambre d’enregistrement » et d’incarner pleinement, sous l’ère de la Ve République, un contre-pouvoir actif, transparent et résolument tourné vers les attentes des citoyens.

Sous la Vᵉ République, l’Assemblée nationale est appelée à incarner l’équilibre des pouvoirs restauré par la Constitution de décembre 2024. Le président du perchoir évoque une « refondation républicaine », une « législation d’impact » et des commissions permanentes transformées en « laboratoires d’expertise ». Il promet également un contrôle « rigoureux et constructif » du gouvernement, loin de toute complaisance.

A en croire Gabon média Time, ces engagements résonnent favorablement dans un pays où la chambre basse s’est, par le passé, illustrée par l’adoption quasi systématique des projets de loi initiés par l’Exécutif. L’histoire parlementaire récente du Gabon est marquée par une discipline majoritaire forte, laissant peu de place aux amendements substantiels ou aux rejets de textes gouvernementaux.

La promesse face à la culture institutionnelle

La question centrale demeure : une déclaration, aussi solennelle soit-elle, peut-elle à elle seule rompre avec une culture institutionnelle profondément ancrée ? L’Assemblée sera jugée non sur ses intentions, mais sur ses actes. Les premières occasions ne manqueront pas, notamment lors de l’examen des textes pris par voie d’ordonnances durant l’intersaison.

Ces ordonnances, qui traduisent une délégation législative consentie au gouvernement, constituent un test grandeur nature. Seront-elles ratifiées sans modification ? Fera-t-on usage du droit d’amendement pour en corriger certaines dispositions ? Y aura-t-il un débat contradictoire, public, nourri d’expertise indépendante ? C’est à ce moment précis que la rupture annoncée prendra, ou non, corps.

Le président de l’Assemblée affirme que « le temps de l’observation est fini » et appelle les députés à être « rigoureux et assidus ». L’ambition est claire : restaurer la crédibilité du Parlement et répondre aux attentes sociales. Mais la séparation des pouvoirs ne se décrète pas ; elle se pratique.

Dans un contexte politique encore largement dominé par la majorité présidentielle, le véritable enjeu sera la capacité des députés à exercer leur mission de contrôle sans autocensure. La fin de la « chambre d’enregistrement » ne sera crédible que si des textes gouvernementaux sont effectivement amendés, recadrés, voire contestés.

Les Gabonaises et les Gabonais attendent plus qu’une profession de foi. Ils attendent des preuves. La 14ᵉ législature est désormais au pied du mur : incarner un contre-pouvoir réel ou confirmer, malgré les promesses, la permanence des habitudes.

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